Le ministre de la Transformation et de la Fonction publique, Stanislas Guerini, a annoncé, mardi 9 avril, dans "Le Parisien" vouloir "lever le tabou du licenciement dans la fonction publique".
Selon lui, il y a eu 13 licenciements en 2023 sur 2,5 millions d'agents de la fonction publique d'État.
Une sortie choc que les syndicats ont peu goûté, quelques heures seulement après l'ouverture des concertations sur sa réforme de la fonction publique.

"Je veux qu'on lève le tabou du licenciement dans la fonction publique." Alors qu'il a lancé le matin même, la concertation autour de son projet de réforme de la fonction publique, se heurtant d'emblée à la colère des syndicats, le ministre de la Transformation et la Fonction publique, Stanislas Guerini, a lancé, mardi 9 avril au soir, un pavé dans la mare dans les colonnes du Parisien

Une petite phrase choc, allusion directe aux licenciements pour insuffisance professionnelle, pointant une "culture de l'évitement sur ces sujets-là". En 2023, selon les données fournies par le ministre, il y en a eu seulement 13 sur 2,5 millions d'agents de la fonction publique d'État.

Les catégories historiques de la fonction publique (A, B et C, en fonction du niveau de qualification) sont aussi sur la sellette, car jugées par le gouvernement "en décalage croissant" avec la réalité des métiers du secteur public.

FO menace déjà de faire grève

Bien évidemment, la sortie de Stanislas Guerini n'a guère été appréciée par les syndicats. "C'est le grand paradoxe de cette journée de mardi. On nous dit le matin qu'on n'arrive pas à recruter et que ce n'est pas assez attractif. Et l'après-midi, on nous dit qu'on veut virer davantage de fonctionnaires ! Hyper attractif", a réagi, mercredi 10 avril, sur RMC Christian Grolier, secrétaire général de la Fédération générale des fonctionnaires de Force ouvrière (FO). 

"On va voir ce qu'on peut faire", a lancé le représentant syndical, évoquant la nécessité d'"établir le rapport de force" avec l'exécutif, alors qu'un préavis de grève court déjà jusqu'au 8 septembre, englobant la période fatidique des Jeux olympiques. "On n'a pas le choix."

Pas demandeurs de ce projet de loi, les huit syndicats représentatifs avaient dénoncé, dès lundi 8 avril, une réforme à leurs yeux "dogmatique" et qui ne répondrait "à aucune des préoccupations exprimées par les agents publics". Ils regrettaient que la préparation de la réforme se fasse sous la forme d'une concertation, plutôt que d'une négociation qui leur aurait donné davantage voix au chapitre.

La FGF-FO, deuxième syndicat de fonctionnaires, a ainsi refusé de participer à la réunion de mardi, dénonçant "un ministère qui ne veut pas négocier, mais imposer son projet". L'Unsa-FP juge de son côté que "pour les agents publics, les priorités sont celles de leur pouvoir d'achat et de leurs conditions de travail. Plutôt qu'un projet de loi, c'est un engagement budgétaire qui serait nécessaire". La concertation doit se poursuivre jusqu'à l'été, avant une présentation du projet de loi à la rentrée.


Y.R.

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