Le fonds Marianne, créé en 2021 par Marlène Schiappa après l'assassinat de Samuel Paty, avait pour objectif de promouvoir les valeurs républicaines.
Mais plusieurs enquêtes journalistiques ont fait peser des soupçons sur le bien fondé de l'octroi des fonds.

La commission des Finances du Sénat, présidée par le socialiste Claude Raynal, a demandé ce mercredi à l'unanimité à être dotée des prérogatives d'une commission d'enquête sur le Fonds Marianne. Celle-ci doit encore être actée formellement par la conférence des présidents du Sénat, qui se réunira mardi prochain, puis votée le lendemain par les sénateurs dans l'hémicycle. La commission des Finances disposera alors pendant trois mois des prérogatives importantes attribuées aux commissions d'enquête. 

"Le gouvernement, bien sûr, répondra en toute transparence", a assuré, mardi 2 mai, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, à l'Assemblée nationale. La commission d'enquête sénatoriale, dont le rapporteur sera le sénateur (LR) Jean-François Husson, devrait se pencher sur "la création du Fonds Marianne, la sélection des projets et l'attribution des subventions, le contrôle de leur exécution et les résultats obtenus au regard des objectifs du fonds". Les personnes qu'elle souhaite auditionner sont ainsi tenues de répondre à la convocation et de prêter serment.

A qui a profité l'argent public ?

Lancé en avril 2021 après l'assassinat de Samuel Paty, le Fonds Marianne visait à promouvoir les "valeurs de la République" mais une série de révélations sur l'utilisation des subventions allouées à deux associations fait polémique. Selon une enquête conjointe de Marianne et de France 2 diffusée fin mars, la principale structure bénéficiaire des fonds (une association appelée USEPPM), à hauteur de 355.000 euros, aurait seulement alimenté un site internet et des publications très peu suivies sur les réseaux sociaux. Quelque 120.000 euros ont été utilisés pour salarier deux de ses ex-dirigeants. 

Mediapart a ensuite révélé que plusieurs personnalités de gauche, dont la maire de Paris Anne Hidalgo (PS), avaient été dénigrées dans des contenus mis en ligne par une autre structure bénéficiaire du fonds, "Reconstruire le commun", qui a obtenu 330.000 euros. Début avril, le cabinet de Marlène Schiappa a précisé avoir saisi l'Inspection générale de l'administration (IGA) d'un audit sur ce dossier. Le rapport de l'IGA sera "rendu fin juin", a indiqué Gérald Darmanin. Trois signalements sur l'utilisation du fonds ont par ailleurs été transmis au parquet national financier et sont en cours d'analyse. 


M.D. avec AFP

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