Gabriel Attal a été nommé Premier ministre, ce mardi 9 janvier, en remplacement d'Elisabeth Borne débarquée la veille.
Emmanuel Macron a choisi de nommer une personnalité populaire, loyale, issue de la gauche et qui plaît à la droite pour relancer son quinquennat.
Le président mise sur son "énergie" et son "engagement" pour "mettre en œuvre" son projet, "dans la fidélité à l'esprit de 2017".

Après Julien Denormandie ou Sébastien Lecornu, lundi après-midi, alors que la démission d'Elisabeth Borne se confirmait, un nouveau nom faisait son apparition en tête de la liste des prétendants à Matignon. Et si c'était Gabriel Attal, le jeune ministre de l'Éducation nationale de 34 ans ? Après tout, le président de la République lui avait tressé des lauriers le 20 décembre dernier dans "C à vous", reconnaissant le "talent" de ce personnage "clé" du gouvernement, louant "un responsable politique qui partageait [ses] combats depuis le début, avait l'énergie, le courage de mener les combats nécessaires". Le chef de l'État soulignait aussi sa "popularité".  

Cette dernière n'en finit pas de grimper depuis sa nomination au ministère de l'Education nationale en juillet dernier. Il est de loin la personnalité la plus populaire du gouvernement actuel. Dans une étude Odoxa publiée jeudi dernier, alors que 2/3 des Français souhaitaient voir partir Elisabeth Borne, il était celui qui était le plus plébiscité pour la remplacer à la tête du gouvernement. 36% des sondés jugeaient qu'il ferait "un bon Premier ministre" ; avec Bruno Le Maire, il était le seul ministre que davantage de Français souhaiteraient voir rester plutôt que partir en cas de remaniement. 

Un baromètre Elabe confirmait qu'il se rapprochait des sommets, en passe de rejoindre l'ex-Premier ministre Edouard Philippe en tête du classement des personnalités politiques les plus populaires (39% d'opinions positives, 41% pour le maire du Havre). Fin décembre, un "beer test" le mettait sur le podium des politiques avec qui les Français aimeraient le plus aller boire une bière (34%), derrière Edouard Philippe (37%) et Marine Le Pen (35%).

Des qualités de communicant indéniables

Autre atout de Gabriel Attal : des qualités de communicant indéniables, qui manquaient à Elisabeth Borne. Dans les cabinets ministériels, lorsqu'il était en charge du Service national universel, au porte-parolat du gouvernement ou aux ministères des Comptes publics et de l'Éducation nationale, il a toujours su se faire remarquer et faire accepter ses réformes ou l'action de l'État. Sa ténacité et ses formules qui font mouche sont appréciées, le président de la République pourra aussi compter sur sa forte présence sur les réseaux sociaux pour toucher un public plus large.

En nommant Gabriel Attal à Matignon, Emmanuel Macron s'entoure aussi d'un fidèle, jamais pris en défaut de loyauté. Le ministre, issu du Parti socialiste, ne braquera pas l'aile gauche de la majorité, à ménager après l'adoption de la loi immigration grâce aux voix du Rassemblement national. Et sans nommer un transfuge de la droite ni être obligé d'élargir de ce côté-là de l'échiquier politique, le chef de l'État nomme une personnalité qui plaît à cette frange de l'électorat. Particulièrement depuis qu'il est à la tête de l'Éducation nationale, où il œuvre pour remettre autorité et fermeté, décidant par exemple d'y interdire le port de l'abaya et d'expérimenter la généralisation du port de l'uniforme

Européennes : le meilleur pour affronter Jordan Bardella ?

A six mois des élections européennes, Gabriel Attal apparaît également comme le mieux placé pour affronter la tête de liste Rassemblement national, à savoir Jordan Bardella. Les deux hommes se sont déjà affrontés sur les plateaux télé dans le passé et ont des profils similaires. 

"La jeunesse, la cote dans l'opinion et la capacité réelle ou supposée à conduire la campagne gouvernementale des européennes ont fait la différence", résume une source proche de l'exécutif citée par l'AFP. Ce qu'a confirmé le chef de l'Etat dans un message posté sur X pour confirmer sa nomination. "Je sais pouvoir compter sur votre énergie et votre engagement pour mettre en œuvre le projet de réarmement et de régénération que j’ai annoncé. Dans la fidélité à l’esprit de 2017 : dépassement et audace", a-t-il écrit.

Toutefois, l'âge du Premier ministre, présenté comme un atout, pourrait également être son plus grand défaut. Quand ce mardi matin les partenaires sociaux ont loué les capacités d'Elisabeth Borne à nouer du dialogue social et reconnu sa connaissance parfaite des dossiers, son successeur sera-t-il à la hauteur dans ce domaine ? Aussi, la grogne pourrait monter du côté des enseignants, après cinq petits mois seulement passés rue de Grenelle.  


Justine FAURE

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