Garrido sanctionnée autant que Quatennens ? Les "frondeurs" insoumis dénoncent une décision "arbitraire" et "malheureuse"

Publié le 7 novembre 2023 à 16h04

Source : Sujet TF1 Info

Raquel Garrido a été sanctionnée par le groupe parlementaire de La France insoumise et écartée de certaines de ses fonctions en son sein pour une durée de quatre mois.
Une décision "arbitraire" et "infondée" pour les frondeurs insoumis qui ont pris sa défense.
Tous jugent aussi inappropriée la durée de la sanction, identique à la mise en retrait du groupe d'Adrien Quatennens condamné pour violences conjugales.

"Je suis humiliée, je suis en colère, j'ai honte de voir cette évolution du projet politique auquel j'ai consacré 30 ans de ma vie", a déclaré Raquel Garrido après sa sanction par le bureau de la France insoumise à l'Assemblée nationale. La députée a été suspendue pour avoir nui "au bon fonctionnement collectif du groupe parlementaire" par "la diffusion de fausses informations dans la presse" ou "la mise en cause et le dénigrement ad hominem de plusieurs membres du groupe", et sanctionnée d'une interdiction de prendre la parole au nom de son groupe lors des travaux parlementaires ou des Questions au gouvernement pour une durée de quatre mois. Inadmissible pour les "frondeurs" insoumis, en rupture et en opposition avec la direction insoumise et son leader Jean-Luc Mélenchon.

"On ne règle pas des divergences politiques par des sanctions bureaucratiques", a dit ce mardi matin sur France Inter Clémentine Autain, par ailleurs "atterrée" par cette décision. La députée de Seine-Saint-Denis a par ailleurs constaté que Danièle Obono, qui avait qualifié le Hamas de "mouvement de résistance" - une position "pas en correspondance avec celle du groupe", a estimé Autain -, et Sophia Chikirou, soupçonnée d'escroquerie et épinglée pour ses méthodes managériales, n'avaient pas été entendues par ce même bureau. "J'estime qu'il y a un deux poids deux mesures qui est absolument injuste", a-t-elle regretté.

"Quelle honte"

"Au sein d'un mouvement qui veut rassembler une majorité populaire, on ne règle pas les désaccords stratégiques et politiques par des sanctions administratives infondées", a aussi réagi Alexis Corbière. "L'homogénéité et la cohérence sont toujours le fruit de la libre discussion et de la démocratie." La députée de Paris Danielle Simonnet a elle aussi exprimé sa "totale solidarité" avec Raquel Garrido. "Une sanction disciplinaire pour 'régler' des désaccords politiques ?", "quelle honte", a-t-elle estimé sur X (ex-Twitter). 

François Ruffin, souvent cité pour reprendre le flambeau de Jean-Luc Mélenchon en 2027, a dénoncé une décision "arbitraire" et bureaucratique. "Raquel Garrido est en désaccord sur l'absence de démocratie dans la France insoumise. Et comment notre mouvement, qui prône la VIe République, lui répond ? Non par un débat, mais par une sanction", a-t-il constaté. "À défaut de pouvoir débattre ensemble, la direction de mon groupe parlementaire pourrait-elle nous fournir la grille tarifaire en cas de divergence politique ?"

Une sanction aussi longue que celle prononcée contre Quatennens

Aussi, certains ont fait un parallèle entre la durée de la sanction infligée à Raquel Garrido, et celle qui avait prononcée contre Adrien Quatennens après sa condamnation pour violences conjugales.  "Je suis aussi atterrée parce que quatre mois c'est exactement le nombre de mois de la sanction qui a été ordonnée contre notre collègue Quatennens qui a été condamné pour violences conjugales", a constaté Clémentine Autain. "Symboliquement, on va dire que c'est malheureux." La députée écologiste Sandrine Rousseau a regretté que "les paroles des femmes sont considérées en patriarcat comme plus dangereuses que les coups des hommes".

Ces députés LFI, qui comptent pourtant parmi les plus anciens compagnons de route de Jean-Luc Mélenchon, ont été tenus à l'écart de la direction du mouvement ces derniers mois, au cours desquels ils ont notamment multiplié les critiques sur la gestion de l'affaire Quatennens, condamné pour violences conjugales, ou la stratégie de maintien au sein de la coalition Nupes.

En conférence de presse, la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot a tenté d'éteindre le feu allumé par la révélation de cette sanction. "Il est faux de dire que Mme Garrido aurait été sanctionnée pour avoir critiqué ou pour avoir juste exprimé ses idées", a-t-elle assuré. Elle a précisé qu'il y avait bien eu un vote du bureau pour sanctionner Raquel Garrido, ajoutant qu'il avait par le passé "déjà pris des sanctions dont vous n'avez absolument pas connaissance". Quant au parallèle avec Adrien Quatennens, elle a rappelé que ce dernier avait été exclu du groupe, ce qui n'est pas le cas de Raquel Garrido qui peut continuer de participer à ses réunions et déposer des amendements.


Justine FAURE

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