Après l'adoption difficile du projet de loi immigration, Emmanuel Macron a promis un "nouveau cap" et de "nouveaux grands défis" pour 2024.
L'exécutif doit présenter une réforme de la fin de vie et acter la constitutionnalisation de l'IVG.
Il réfléchirait aussi à une grande réforme économique/

Retraites, immigration : l'année 2023 a été mouvementée et synonyme de réformes importantes pour l'exécutif. Comment ne pas se laisser envahir par le vide en 2024 ? Comment reprendre la main après l'adoption chaotique du projet de loi immigration ce mois de décembre ? Pressé de faire oublier cet épisode et de tourner la page, le 20 décembre sur France 5, Emmanuel Macron a promis un "nouveau cap" en 2024. "Je veux que l'année prochaine, on aborde de nouveaux grands défis", "dans la continuité" du triptyque "libérer, protéger, unir", a-t-il précisé.  

Quelles réformes devraient être rapidement mises sur la table par le gouvernement, qui a désormais fait le constat que chaque texte serait une bataille à cause de son absence de majorité absolue à l'Assemblée nationale ? La première devrait concerner la fin de vie. Sur ce texte aussi attendu que sensible, l'exécutif a plusieurs fois repoussé l'échéance. "J'assume de prendre le temps", a dit le chef de l'Etat sur France 5, alors que d'abord annoncé pour l'été 2023, le projet de loi sera finalement présenté courant février 2024.

"Cette loi traitera nos compatriotes en âge adulte qui ont leur discernement et qui ont des maladies incurables avec des souffrances qu'on appelle réfractaires aux traitements", a-t-il détaillé.  Il a cité l'exemple de "quelqu'un qui a aujourd'hui une maladie dégénérative sans espoir, la maladie de Charcot, quelqu'un qui a un cancer dont on sait qu'il est incurable". "On doit lui donner la possibilité, dans des conditions de délibération avec sa famille, dans des conditions médicalement encadrées, d'avoir une fin de vie digne et d'avoir une réponse qui est plus adaptée, plus humaine que celle que nous avons aujourd'hui", a ajouté Emmanuel Macron. Mais les délais annoncés seront-ils tenus, alors que le ministre de la Santé Aurélien Rousseau a démissionné, et que sa remplaçante Agnès Firmin Le Bodo est visée par une enquête pour avoir reçu des cadeaux d'un laboratoire pharmaceutique lorsqu'elle était pharmacienne

Un Congrès réunit le 4 mars ?

La constitutionnalisation de la liberté d'avorter devrait également occuper le premier trimestre 2024, Emmanuel Macron ayant fait part de son souhait de réunir le Congrès le 4 mars pour faire inscrire dans la Constitution l'interruption volontaire de grossesse (IVG). 

Aussi, si Emmanuel Macron a ouvert la voie à des révisions constitutionnelles pour les territoires d'outre-mer qui le souhaitent et attend de premières propositions dès début 2024, il réfléchirait à revenir aux bases du macronisme et à proposer une grande réforme économique, une loi "Macron II". La première date de 2015, lorsqu'il était ministre de l'Economie et avait pour objectif de déréguler plusieurs secteurs (autocars, travail le dimanche, etc) pour faciliter les embauches. Emmanuel Macron n'a pas perdu de vue son objectif de plein-emploi en 2027.  Pour accompagner ces réformes, le président de la République pourrait s'entourer d'une nouvelle équipe, les rumeurs de remaniement se faisant de plus en plus pressantes.

Ce qui est certain, c'est que l'année devrait être lancée par un énigmatique "rendez-vous avec la Nation" annoncé par le chef de l'Etat. Quelle forme prendra-t-il ? Le mystère reste entier. Dans "C à vous", il a simplement confié qu'il serait en "partie" lié à l'école, "la mère des batailles". Mais si les créations présidentielles pour redonner du souffle à la démocratie ont pu marcher au début, comme le "grand débat" après la crise des Gilets jaunes, les suivants – Conseil national de la refondation ou rencontres de Saint-Denis - ont eu plus de mal à convaincre. "Les Français connaissent maintenant un peu ses 'trucs', et ils ont compris que ça avait un effet à court terme seulement", a expliqué à l'AFP Emilie Zapalski, spécialiste de communication politique. 

Emmanuel Macron devra faire attention à bien négocier le virage de la nouvelle année. Car très vite se profileront les élections européennes, en juin 2024, puis les Jeux olympiques de Paris. Et, quoi qu'il en dise, 2027 n'est déjà plus très loin. Alors qu'il est le premier président de la Ve République à ne pouvoir se représenter après deux mandats consécutifs, Emmanuel Macron pourrait très vite voir son autorité s'éroder.  


Justine FAURE

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