Grand Paris : la drôle de primaire organisée à la hâte chez Les Républicains

Vincent Michelon
Publié le 11 janvier 2016 à 16h35
Grand Paris : la drôle de primaire organisée à la hâte chez Les Républicains

ENTRAÎNEMENT – Nicolas Sarkozy organise mardi une petite primaire pour permettre de désigner le candidat de la droite à la Métropole du Grand Paris. Un événement décidé à la hâte, à dix mois de la grande primaire qui désignera le candidat à la présidentielle.

On n'aura jamais vu une primaire pliée aussi vite. Mardi soir, Nicolas Sarkozy convoque une élection interne pour désigner lequel des deux députés, Patrick Ollier (Hauts-de-Seine) et Gille Carrez (Val-de-Marne), aura l'honneur d'être le candidat des Républicains – et donc le grand favori, la droite étant majoritaire – pour la présidence de la Métropole du Grand Paris, créée le 1er janvier et regroupant 7 millions d'habitants. Faute d'avoir pu les départager par la négociation, l'ex-président a dû se résoudre in extremis à ce mini-scrutin, organisé à seulement dix jours de l'élection à la MGP. Tout s'est décidé… vendredi dernier, lors d'une réunion avec Valérie Pécresse, la nouvelle présidente de la région Ile-de-France, Nathalie Kosciusko-Morizet, cheffe de l'opposition parisienne, et bien sûr les deux prétendants.

Nicolas Sarkozy avait fait adopter le principe d'une "primaire" dès le 17 novembre, en bureau politique. Mais après le retrait de Nathalie Kosciusko-Morizet, en rupture avec lui , le patron des Républicains a longtemps cru à une désignation naturelle de Patrick Ollier, qu'il soutient. Sauf que l'autre prétendant, Gilles Carrez, n'a pas baissé les bras.

Campagne éclair

Voici donc à quoi va ressembler ce scrutin, qui se tiendra au siège des Républicains. Après une intense campagne… de 24 heures, les deux candidats se présenteront à 17 heures rue de Vaugirard. "Chacun aura un temps de parole pour expliquer son projet", explique à metronews Brigitte Kuster, maire du 17e arrondissement de Paris et porte-parole LR. "Il s'agit d'un vote papier, avec une procuration possible par personne." Au total, 96 conseillers métropolitains LR et divers droite (sur les 209 élus de la MGP) se prononceront à bulletin secret. "Primaire, c'est beaucoup dire", relativise le sénateur Roger Karoutchi, secrétaire général adjoint des Républicains. "On a essayé jusqu'au bout de trouver un accord entre les candidats. Le but de cette élection interne est d'avoir un seul candidat LR et divers droite lors du scrutin du 22 janvier."

Dans l'affaire, les centristes ont été un peu oubliés. Candidat lui aussi à cette fameuse présidence, le Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux (92) s'insurgeait lundi contre une "rencontre convoquée dans une certaine précipitation", réduite à un "affrontement de personnalités de l'est et l'ouest de la Métropole". Et de proposer un "débat public" sur les projets de chacun plutôt que ce casting express. Les centristes ont en outre un candidat officiel, André Santini, le maire d'Issy-les-Moulineaux. La droite et le centre en ordre dispersé… Un avant-goût de la primaire de novembre 2016 ?

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