Guerre en Ukraine : débat ce lundi à l'Assemblée nationale, le gouvernement veut interpeller LFI et le RN

J.F
Publié le 3 octobre 2022 à 14h40
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Source : JT 13h WE

Pour leur retour dans l'hémicycle, les députés débattent ce lundi après-midi du conflit en Ukraine et de ses conséquences en France.
Le gouvernement veut interpeller le Rassemblement national et La France insoumise sur certaines de ses positions, comme la livraison d'armes en Ukraine ou les sanctions envers la Russie.

"La guerre en Ukraine et ses conséquences en France", voilà le menu de la rentrée des députés dans l’hémicycle, ce lundi 3 octobre. Le gouvernement a choisi d’appliquer l’article 50-1 de la Constitution pour faire une déclaration à ce sujet et engager un débat avec l’opposition. La Première ministre doit prendre la parole à 16h, et ne manquera pas d'interpeller en priorité le Rassemblement national et La France insoumise sur leurs positions au sujet du rôle de la Russie, de la livraison d'armes à l'Ukraine ou encore des conséquences du conflit et des sanctions sur le pouvoir d'achat.

Les députés Horizons, alliés du gouvernement, salueront l'action de la France au niveau européen sur l'énergie, et dénonceront les conséquences de la guerre décidée par Poutine pour les citoyens ukrainiens d'abord, et russes ensuite. Toujours dans la majorité, le MoDem Frédéric Petit souhaite insister sur la "nécessité de préparer les opinions françaises aux difficultés à venir", et le devoir d'aider à reconstruire l'Ukraine. 

Chez LR, premier groupe d'opposition à s'exprimer, Michèle Tabarot exprimera le "refus de reconnaître les annexions illégales", et devrait souligner des "changements de position du Président qui ont nui à la clarté de l'action" française. EELV prévoit une intervention sur les entreprises françaises qui refusent de quitter la Russie. Idem du côté du PS, qui déposera également une résolution affirmant que l'Ukraine doit retrouver sa pleine souveraineté dans ses frontières de 1991.

Livraison d'armes : la France "cobelligérante" ?

Quid du RN et de LFI, pointés du doigt pour leur complaisance vis-à-vis de la Russie ? Élisabeth Borne devrait les interpeller sur l'aide militaire à l'Ukraine, les deux partis étant critiques sur la livraison d'armes aux Ukrainiens, estimant que cela fait de l'Union européenne et de la France des "cobelligérants" dans ce conflit. Le Rassemblement national estime même que la formation de troupes ukrainiennes pour se défendre face à la Russie est un acte de belligérance. 

Outre leur sympathie vis-à-vis de Vladimir Poutine, le dirigeant russe avec lequel ils ont tout de même pris leurs distances ces derniers mois, la cheffe du gouvernement devrait également insister sur le fait que ces formations politiques sont sévères envers les sanctions décidées contre Moscou et des actions du gouvernement en faveur du pouvoir d'achat. Ainsi au RN, Alexis Jolly et Jérôme Buisson veulent évoquer les retombées des mesures coercitives prises contre la Russie.  

Début septembre, Marine Le Pen avait réclamé l'abandon des sanctions car, selon elle, elles "ne servent strictement à rien", sauf à "faire souffrir" les Européens. "Il faut être vraiment de mauvaise foi pour ne pas constater que, contrairement aux rodomontades de notre gouvernement, l'économie russe n'est pas à genoux et n'est pas en cessation de paiement", avait-elle déclaré. Le 1er juin déjà, la présidente du groupe RN avait mis en garde contre les "conséquences cataclysmiques sur le pouvoir d'achat des Français" des six paquets de sanctions contre la Russie décidés par Bruxelles. LFI estime qu'il faut mieux cibler ces sanctions, pour que les oligarques russes en souffrent davantage que le peuple russe.

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La cheffe de file LFI Mathilde Panot devrait conclure les interventions parlementaires en "condamnant l'agression russe" et en soulignant que la situation économique en France ne peut être "entièrement imputée à la guerre". L'occasion pour LFI de critiquer à nouveau l'Union européenne. Ce lundi matin sur LCI, Mathilde Panot a ainsi estimé : "Il est faux de dire que la crise énergétique vient uniquement de la guerre en Ukraine. Il vient notamment d’un marché européen qui mène au chaos et aux pénuries."


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