"Populisme infâme" : condamnations unanimes après les propos de Mélenchon à l’encontre de la présidente de l'Assemblée

par C.Q
Publié le 23 octobre 2023 à 10h49

Source : TF1 Info

La polémique à gauche sur le conflit entre Israël et le Hamas est montée d’un cran après des nouveaux propos de Jean-Luc Mélenchon.
Le chef de file de La France insoumise est accusé, de manière unanime, de reprendre les codes de l’antisémitisme.

Jean-Luc Mélenchon de plus en plus isolé. Alors que la Nupes se déchire, depuis deux semaines, à propos de la qualification du Hamas - un mouvement plus "résistant" que "terroriste" selon la ligne adoptée par le chef de file de la France insoumise (LFI) - l'ancien candidat à la présidentielle a de nouveau créé la polémique, dimanche 22 octobre. Durant une visite de la présidente de l'Assemblée nationale en Israël, le chef de file LFI a fustigé ce déplacement de Yaël Braun-Pivet sur X (ex-Twitter). "Voici la France. Pendant ce temps, Madame Braun-Pivet campe à Tel Aviv pour encourager le massacre. Pas au nom du peuple français !", a-t-il écrit en partageant des images de la place de République remplie de manifestants en soutien aux Palestiniens.

Condamnations de gauche à droite

Rapidement, la classe politique a accusé Jean-Luc Mélenchon de reprendre les codes de l’antisémitisme. Se disant "très choquée", Yaël Braun-Pivet lui a reproché de lui mettre "une nouvelle cible dans le dos" et estimé qu’il n’avait "sans doute pas choisi par hasard le mot 'camper'". Des accusations rejetées par le chef de file insoumis qui a, peu après, dénoncé une "absurde police des mots" et une "pitoyable diversion pour détourner l'attention de sa grave faute politique". 

Du côté du gouvernement, plusieurs ministres se sont dits "indignés" alors que du côté du Parti socialiste, la députée Valérie Rabault a dénoncé des "accusations abjectes". Le sénateur Patrick Kanner, lui, a considéré pour sa part qu’il s’agissait là d’"un post de monsieur Mélenchon que Dieudonné n'aurait pas renié", lorsque Nicolas Mayer-Rossignal, maire de Rouen, a parlé de "populisme infâme".

Si dans les rangs de LFI, la discrétion est de mise, les nouveaux frondeurs comme François Ruffin ou Alexis Corbière ont préféré dénoncer la déclaration de Yaël Braun-Pivet faite en Israël, selon laquelle "rien ne doit empêcher Israël de se défendre" dans la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas.  

À droite, l’élu Laurent Wauquiez a vu dans les propos de Jean-Luc Mélenchon "la collaboration, 80 ans plus tard", et l’eurodéputée Nadine Morano a qualifié son tweet d’"antisémite et immonde". À l’extrême droite, le député Laurent Jacobelli a sans surprise attaqué la position adoptée par Jean-Luc Mélenchon, qui "flatte un électorat communautarisé pour essayer de faire vivre sa petite boutique de l'horreur, avec tous les mots les plus abjects". 

Sur LCI, le président de la LICRA Mario Stasi a également réagi avec émotion. "Jean-Luc Mélenchon a choisi ses mots pour dénoncer ce qu'il se passe en Israël et c'est indigne d'un homme politique qui est censé représenter la nation. On ne joue pas avec les mots, on ne provoque pas comme il le fait." Les condamnations ont aussi gagné des personnalités publiques, jusqu’à l’humoriste Sophia Aram ou le physicien Etienne Klein. "Mélenchon attise consciencieusement la haine antisémite", a considéré la première, tandis que le second a confessé : "Je ne pensais pas lire pareille chose de mon vivant. Mais il se peut - autre hypothèse - que je sois mort". 


C.Q

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