Guerre Israël-Hamas : fortement divisée après la position de LFI, le week-end pourrait être décisif pour la Nupes

Publié le 13 octobre 2023 à 13h25, mis à jour le 13 octobre 2023 à 17h55

Source : TF1 Info

Les positions de La France insoumise sur le Hamas, en guerre avec Israël depuis samedi dernier, sont vivement critiquées par ses alliés de la Nupes.
À tel point que ce week-end, socialistes et communistes discuteront de leur engagement et de leur participation futurs à l'alliance de gauche.

Les heures de la Nupes sont-elles comptées ? La guerre entre Israël et le Hamas semble avoir creusé un peu plus les fractures entre les alliés de gauche, peut-être même jusqu'à la rupture. Ce week-end, les communistes et les socialistes doivent discuter de la poursuite de leur engagement au sein de l'union, créée avant les élections législatives de 2022 entre La France insoumise, le Parti socialiste, le Parti communiste français et Europe Ecologie-Les Verts. 

Pour rappel, c'est la condamnation relative de l'offensive militaire du Hamas contre Israël par LFI qui a mis le feu aux poudres. Les dirigeants du parti de Jean-Luc Mélenchon ont été accusés de trouver des justifications à l'attaque du Hamas contre Israël en dénonçant d'une même voix le mouvement islamiste et la colonisation israélienne. Aussi, ils continuent de faire polémique en refusant de qualifier le Hamas d'organisation "terroriste". Des positions et des propos qui ont été vivement dénoncés par leurs partenaires.

Roussel : Mélenchon ne peut plus être "un interlocuteur crédible"

À tel point qu'aujourd'hui, certains se posent la question de leur avenir commun. Le Parti communiste va discuter ce week-end d'une sortie de la Nupes, car Jean-Luc Mélenchon ne peut plus être "un interlocuteur crédible" avec sa position sur le Hamas, a assuré Fabien Roussel ce vendredi matin sur franceinfo. "Ce qui s'est produit (chez LFI) à refuser de qualifier de terrorisme les actes qui se sont produits, ce n'est pas une différence, c'est une rupture fondamentale avec ce qui fait le cœur de nos combats progressistes", a-t-il estimé. "Ça fait des mois que je tire la sonnette d'alarme, que je dis que nous sommes dans une impasse, que je dis que cette coalition est aujourd'hui dépassée, qu'elle doit être renouvelée", a-t-il jugé.

Les mêmes questions se posent au sein du Parti socialiste. Mardi, Le Monde indiquait que le premier secrétaire du parti réfléchissait sérieusement à quitter la Nupes. Autour de lui, les anti-Nupes, comme la maire de Paris, Anne Hidalgo, le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol et la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, mettent la pression pour cesser cette "mésalliance". Toutefois, le député du Val-de-Marne temporise. Même s'il a jugé dans Libération que le positionnement de LFI aurait "des conséquences lourdes" sur l'avenir de la Nupes, lui et ses proches ne voient pas pourquoi ce serait à eux d'en partir.

Aux Mélenchonistes de s'en aller ?

Ils font la différence entre la ligne imposée par Jean-Luc Mélenchon et ses proches, soit la direction du parti, et l'ensemble des Insoumis. "Le problème ce n'est pas la Nupes", mais "la méthode Mélenchon : ne jamais chercher le centre de gravité du rassemblement de la gauche, toujours radicaliser les positions sans consulter ni respecter ses partenaires", a estimé Olivier Faure. Son entourage fait savoir qu'il s'agit plutôt de trouver comment maintenir l'union de la gauche et des écologistes, mais de manière différente. "Je ne fais pas du tout d'amalgame entre les Insoumis, je parle de dirigeants de La France insoumise", a également précisé Fabien Roussel ce vendredi matin.

Ce vendredi, les écologistes ont réaffirmé leur attachement à la Nupes. "Les écologistes sont très clairs sur la nécessaire alliance de la gauche et des écologistes pour porter l'espoir d'une alternative progressiste, humaniste et écologiste en 2027", a martelé un des eurodéputés du parti, Mounir Satouri lors d'une conférence de presse. La présidente du groupe écologiste à l'Assemblée nationale Cyrielle Chatelain a de son côté exhorté à des "ruptures avec les vieilles pratiques politiques". "On n'a pas fait de rupture avec la culture du chef", a-t-elle déclaré, visant Jean-Luc Mélenchon. 


Justine FAURE

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