Harcèlement sexuel en politique : des députés avec qui "il ne fallait pas prendre l’ascenseur" placés sur une "black-list"

Publié le 23 octobre 2017 à 18h50
Harcèlement sexuel en politique : des députés avec qui "il ne fallait pas prendre l’ascenseur" placés sur une "black-list"

Source : AFP

TÉMOIGNAGE - Marine Tondelier, élue EELV et ex-attachée parlementaire, a dévoilé dans le magazine "19h le dimanche", l'existence d'une liste noire qui circulait entre collaboratrices et sur laquelle figuraient les noms de certains hommes à éviter, dont les comportements sexistes rythmaient le quotidien d'une femme à l'Assemblée.

Dans le sillage de l'appel "#balancetonporc" visant à dénoncer les relations hommes-femmes dans le cadre professionnel, la parole se libère petit à petit sur le harcèlement en politique. Ce dimanche, c'est Marine Tondelier, élue Europe Écologie-Les Verts à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), qui a témoigné pour France 2 des comportements sexistes qui ponctuent le quotidien des femmes à l'Assemblée. Evoquant des remarques quotidiennes notamment sur les tenues vestimentaires ou le maquillage, l'ex-assistante parlementaire de Cécile Duflot, a notamment dévoilé l'existence d'une liste noire sur laquelle figuraient les noms de certains hommes à éviter.  

"Il y avait une blacklist des mecs avec qui il ne fallait pas trop prendre de risques", a-t-elle affirmé dans le magazine "19h le dimanche". Et de préciser : "Il y a des noms de parlementaires qui circulaient entre collaboratrices, car on savait qu'il ne fallait pas prendre l'ascenseur avec eux. Il y avait un risque qu'ils vous collent une main aux fesses."

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"C’est lourd, c’est insistant"

Déplorant le fait que dans l'esprit de certains de ses anciens collègues masculins, "quand on est loin de son domicile pendant trois jours, monter à Paris, c’est un peu la fête dans la tête, genre ambiance colonie de vacances", la femme politique ne leur trouve aucune excuse. "Vous ne draguez pas votre collaboratrice, premièrement. Deuxièmement, il y a un rapport hiérarchique qui fait que c’est encore plus grave. Et troisièmement, c’est répété tout le temps. C’est lourd, c’est insistant", estime celle selon laquelle ces comportements constituent en eux mêmes "une violence sexuelle".

La députée a enfin dénoncé "un rapport de domination pouvant être exacerbé par la politique, qui est aussi un rapport de séduction", se réjouissant de la libération de la parole des femmes grâce aux réseaux sociaux depuis l’affaire Harvey Weinstein, et ne désespérant pas que le comportement des hommes change dans l’enceinte de l’Assemblée. 

Pour rappel, ce vendredi, une ex-assistante parlementaire a porté plainte contre le député LREM Christophe Arend pour harcèlement et agression sexuelle.


La rédaction de TF1info

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