RÉVÉLATION - Des témoignages troublants ont été diffusés ce dimanche soir lors d'une enquête sur le harcèlement sexuel en politique dans l'émission "C Politique". Deux anciens assistants parlementaires y incriminent notamment un député FN.
Au Parlement français, à Bruxelles mais aussi au sein des partis politiques, la parole se libère un mois après le séisme provoqué par l'affaire Harvey Weinstein. Des femmes et des hommes victimes de harcèlement sexuel témoignent désormais à visage découvert, comme le démontre une enquête diffusée dans l'émission "C Politique" ce dimanche soir, insistant sur le fait que le harcèlement comme le sexisme touchent absolument tous les partis.
Si vous avez le malheur de dire quelque chose, vous risquez votre place.
Mickaël Ehrminger, ancien assistant parlementaire au FN
Parmi tous les témoignages recueillis dans l'enquête de l'émission, ceux de Mickaël Ehrminger et Alexandre Benoît, anciens assistants parlementaires du FN, ont profondément marqué les téléspectateurs.
Un député FN clairement incriminé par l'enquête
Dans un premier temps, Mickaël Ehrminger affirme avoir été harcelé sexuellement par un député FN : "A chaque fois que je croisais son chemin, il regardait mes fesses avec beaucoup d'insistance, en me disant : "Il te fait un beau cul ce jean (...) j'aimerais bien que tu viennes chez moi ce soir, j'aimerais bien qu'on t'invite chez nous." Avant d'avouer : "Si vous avez le malheur de dire quelque chose, vous risquez votre place."
#Balancetonporc : Un député #FN menace une victime de dévoiler une photo intime s'il venait à révéler son nom publiquement... Témoignage #CPolitique #DirectAN pic.twitter.com/gCybO0oZGN — Nils Wilcke (@paul_denton) 12 novembre 2017
Dans un second temps, Alexandre Benoît poursuit les propos de Mickaël Ehrminger : "Comme toujours, tout le monde sait et personne ne dit rien. Les mains sur les épaules, les massages… Même mes collègues se faisaient constamment toucher le ventre, sous prétexte de vanter un régime. C’est parfois des mains sous les chemises. Moi, personnellement, ça a été plusieurs fois des mains sur les fesses et j’ai dit stop à un moment."
Ehrminger et Benoît ont clairement été harcélés par le même député FN. Et Benoît poursuit : "Il a contacté mon ami pour faire pression en menaçant de dévoiler des photos à caractère privé si d’aventure il lui prenait l’envie, à moi-même ou à la personne, de continuer à dénoncer même anonymement les faits qu’on lui reproche. C’est une photo embarrassante. C’est une photo privée (...) qui, de l’aveu même de ce député (...) tourne. C’est plus qu’une pression, là."
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On peut se demander pourquoi Ehrminger comme Benoît ne "balancent pas le nom de leur porc" en ce début de libération de la parole des victimes de harcèlement sexuel. Benoît rétorque que, de toute façon, "des personnes le reconnaitront" et ce n'est pas pour s’exposer aux menaces, aux pressions.
L'édifiante enquête de "CPolitique" conclut qu'au Front National, "on nie tout harcèlement", expliquant la recrudescence de témoignages par la guerre menée entre Marine Le Pen et Florian Philippot.