Nouvelle étape de son cycle mémoriel pour marquer le 80ᵉ anniversaire de la Libération, Emmanuel Macron est arrivé ce mardi après-midi à Vassieux-en-Vercors (Drôme).
C'est la première fois qu'un président de la République se déplace officiellement dans cette commune, l'une des cinq élevées à la dignité de Compagnon de la Libération.
Une visite historique à suivre sur LCI.

Il y a 80 ans, le village de Vassieux-en-Vercors (Drôme) était attaqué par la milice française, avant un assaut final des troupes allemandes. Ce mardi, Emmanuel Macron est attendu dans le Vercors pour rendre hommage à ce maquis, "incarnation d'une France indissociable de la République". La visite est historique puisque c'est la première fois qu'un président de la République effectue une visite officielle dans cette commune, pourtant l'une des cinq élevées à la dignité de Compagnon de la Libération avec Paris, Nantes, l'Ile de Sein et Grenoble.

L'hommage prononcé ce mardi par le chef de l'Etat sera donc inédit. Charles de Gaulle n'y avait fait qu'une "halte rapide" en 1963, rappelle l'Elysée, tandis que Nicolas Sarkozy s'était rendu en 2009 dans le village voisin de La Chapelle-en-Vercors. Libération rappelle aussi que depuis 1994 l'exécutif est représenté à chaque anniversaire décennal par le Premier ministre. Cette année-là, François Mitterrand avait été suppléé par Edouard Balladur pour raisons de santé. Puis Jean-Pierre Raffarin s'y est rendu en 2004 et Manuel Valls en 2014. 

C'est une première qui va marquer l'histoire de Vassieux-en-Vercors"
Thomas Ottenheimer, maire de Vassieux-en-Vercors

"C'est une première qui va marquer l'histoire de Vassieux-en-Vercors et du plateau", a réagi au micro de France Bleu Drôme Ardèche Thomas Ottenheimer, maire du village drômois. "Toute une partie [des habitants] était en attente d'une visite présidentielle, peut-être à l'inverse que d'autres trouvent que c'est beaucoup d'honneurs accordés à notre petite commune. Les sentiments sont mêlés et chacun a son propre regard sur cette journée", a-t-il ajouté, précisant que 230 à 240 habitants seront présents, sur une population de 330.

Traditionnellement, les commémorations se déroulent le 21 juillet dans ce petit village. C'est la date de l'assaut final et particulièrement "cruel" des troupes allemandes (840 résistants et civils tués, 570 maisons détruites). Le choix du 16 avril est moins évident, il correspond à la première attaque de la milice française. Mais pour le justifier, l'Élysée a estimé qu'il fallait aussi parler de cette "époque où les Français ne s'aimaient pas entre eux", a plaidé un proche du président auprès de l'AFP, tandis qu'un autre assume de "prendre l'histoire en bloc". "Faire mémoire, c'est montrer aussi toutes les zones grises", a-t-il expliqué.

Imbroglio autour de la date choisie

Par ailleurs, "le 21 juillet appelle la présence du président de la République à Paris dans le cadre des Jeux olympiques. Il y a des équilibres à trouver dans les différents paramètres", a justifié l'Elysée auprès de Libération. Dommage pour un acteur de la mémoire locale toujours cité par le quotidien : "80 ans après les faits, on attend toujours un président de la République à la cérémonie de commémoration du 21 juillet. C’est une plaisanterie. Désormais, il nous reste à espérer une visite pour les 90 ans de la Libération, en 2034."

Formé "dès l'invasion de la zone libre" par les nazis en novembre 1942, ce maquis d'abord composé de "réfractaires" au service du travail obligatoire - mis en place par Vichy au profit de l'occupant - compta jusqu'à 4000 hommes, dont une cinquantaine de tirailleurs sénégalais et une trentaine de lycéens polonais, a rappelé un conseiller présidentiel à des journalistes. Lors de son discours, le chef de l'État entend insister sur le caractère "exemplaire" du maquis, qui peu avant l'assaut allemand s'était proclamé "République libre du Vercors", ce que l'Élysée vante aujourd'hui comme "l'incarnation d'une France indissociable de la République". En juillet 1944, il fut le théâtre d'intenses combats contre la Résistance, jusqu'au retrait des troupes allemandes le 12 août.


J.F.

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