L'Afghanistan aux mains des talibans

"La France est le maillon faible de l’Union européenne en matière d’asile", soutient Patrick Stefanini

La rédaction de LCI
Publié le 30 août 2021 à 10h28
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Source : TF1 Info

INTERVIEW - Le directeur de campagne de Valérie Pécresse, spécialiste des questions d’immigration, revient sur les conséquences de la crise afghane, notamment migratoires.

Une "safe zone". Ce lundi 30 août, la France et le Royaume-Uni doivent demander devant le Conseil de sécurité de l’ONU la sécurisation de l’aéroport de Kaboul pour poursuivre les évacuations. En d’autres termes, créer une zone protégée en Afghanistan pour permettre ces opérations à l’intention de ceux qui n’auraient pas eu le temps de fuir avant le 31 août. "Il reste plusieurs centaines, plusieurs milliers de femmes et d’hommes à protéger", a considéré Emmanuel Macron dimanche sur TF1. Des propos qui n'ont pas manque de faire réagir Patrick Stefanini, le directeur de campagne de Valérie Pécresse. 

"Ce qui m’a frappé dans les propos d’Emmanuel Macron, c’est son imprécision. On a le droit d’être sceptique sur cette proposition", a avancé l'ancien secrétaire général du ministère de l’Immigration sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Invité de LCI ce lundi, il a appelé à la "vigilance" vis-à-vis de cette proposition, s’interrogeant sur le nombre d’Afghans devant encore quitter le pays, d’après les dires du président : "Il nous a parlé de plusieurs centaines ou de plusieurs milliers. Ce n'est pas du tout la même chose".

"Pour aller au Royaume-Uni, il faut passer par Calais"

Patrick Stefanini a expliqué voir dans la crise afghane des conséquences irrémédiables sur les flux migratoires vers l’Europe. Et en particulier vers la France. "Le président de la République sait très bien que la France est le maillon faible de l’Union européenne en matière d’asile", a-t-il estimé. "Il cherche à masquer cette faiblesse parce qu’il sait que les Afghans ont un objectif principal, c’est d’aller au Royaume-Uni. Et pour aller au Royaume-Uni, il faut passer par Calais."

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Des éléments permettant au haut fonctionnaire de déduire que si l’on constate "un afflux d’Afghans par voie terrestre dans les mois qui viennent, cela finira par se voir en France et notamment à Calais". Selon Patrick Stefanini, "c’est très difficile de distinguer le risque migratoire et le risque sécuritaire"

À ce jour, plus de 2500 personnes ont été évacuées d’Afghanistan vers l’Hexagone depuis le 16 août et la reprise de Kaboul par les talibans. En 2020, le premier pays d’accueil des Afghans restait cependant le Pakistan, avec près de 1,5 million de réfugiés et demandeurs d’asile l'année dernière, selon le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).


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