Titres de séjour pour métiers en tension : droite et extrême droite y voient une "régularisation massive"

J.F
Publié le 2 novembre 2022 à 15h38
JT Perso

Source : TF1 Info

Des titres de séjour pour recruter dans les secteurs en manque de main d'œuvre.
La droite et l'extrême droite y voient un plan de régularisation massif des sans-papiers.
Le gouvernement s'en défend et revendique une "idée pragmatique".

Le gouvernement cache-t-il un plan de régularisation massif des sans-papiers ? C'est ce dont l'accusent la droite et l'extrême droite ce mercredi, à la suite d'une interview du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et du ministre du Travail Olivier Dussopt publiée dans Le Monde. Dans le quotidien, les deux ministres plaident pour la création d'un titre de séjour "métier en tension" pour recruter dans les secteurs en pénurie de main d'œuvre, provoquant l'ire et l'inquiétude de la droite de l'échiquier politique.

"Ce nouveau 'titre de séjour pour métier en tension' est en fait un projet de régularisation massive des sans-papiers. Tous les métiers sont en tension dans notre pays ! La droite refusera ce projet de résignation nationale porté par un gouvernement incapable de réguler les flux migratoires", a tweeté le patron des sénateurs LR et candidat à la présidence du parti Bruno Retailleau. 

"Il s'agit d'une régularisation massive, j'y suis tout à fait défavorable, c'est une folie", a abondé le député LR du Lot Aurélien Pradié, lui aussi candidat à la présidence de son parti. "Aujourd'hui, ce dont nous avons besoin dans notre pays, c'est de reprendre le contrôle sur une politique migratoire qui est hors de contrôle", a-t-il estimé sur BFMTV, plaidant pour "un titre de séjour probatoire" à travers lequel "il faut faire ses preuves pour pouvoir être intégré à notre pays".

"On va régulariser des étrangers en situation irrégulière, entrés illégalement sur le territoire, au motif qu'ils pourraient pourvoir des métiers en tension. C'est une forme de supercherie pour aller, une nouvelle fois, vers une régularisation", a ajouté le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti (LR).  

La solution viable c’est la revalorisation des salaires, pas l’immigration massive."

Jordan Bardella

A l'extrême droite, on accuse le gouvernement de la même chose. "Derrière le 'titre de séjour métiers en tension' de Gérald Darmanin, il y a en réalité un droit à la régularisation, véritable appel d’air pour des milliers de migrants. La solution viable pour les métiers en tension, c’est la revalorisation des salaires, pas l’immigration massive", a estimé sur Twitter Jordan Bardella, président par intérim du Rassemblement national.

Le député RN Jean-Philippe Tanguy s'est également opposé à cette mesure, en estimant qu'elle sera "détournée" par "des gens qui s'inscrivent pour des métiers en tension et après qui disparaîtront dans la nature", et a appelé sur Sud Radio à former les "chômeurs français".

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A l'issue du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement a réfuté ces allégations. Il a défendu une "idée pragmatique" de mise en "corrélation des gens qui recherchent un emploi et qui ont des compétences avec les emplois disponibles et à pourvoir". "Ce n'est pas un plan de régularisation de certains clandestins, c'est considérer les conditions d'accueil de travailleurs étrangers qui travaillent déjà en France et remplissent des missions dont on a besoin qu'ils les remplissent", a ajouté Olivier Véran. 

"Vous avez des choses parfois aberrantes où on confie à certains employeurs le soin de décider si oui ou non le travailleur dans son entreprise, parfois en situation irrégulière, peut bénéficier d'un visa de travail en bonne et due forme ou non. Donc l'idée est de renverser un peu la charge de la preuve par rapport à la circulaire Valls", a-t-il expliqué.


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