+52% de taxe foncière à Paris : Anne Hidalgo se justifie

par Y.R.
Publié le 13 mars 2023 à 11h40

Source : JT 13h Semaine

La taxe foncière va flamber en 2023 dans la capitale.
À Paris, sous l'impulsion d'Anne Hidalgo, elle va connaître une hausse record de 52%, avec un taux d'imposition qui va passer de 13,5% à 20,5%.
Quatre mois après avoir annoncé cette augmentation surprise, la maire PS a justifié les raisons qui l'ont poussée à renoncer l'une de ses promesses de campagne.

À rebours de sa promesse électorale. Alors qu'elle s'était engagée, durant la campagne municipale de 2020, à "ne pas augmenter les impôts locaux payés par les Parisiennes et les Parisiens", Anne Hidalgo y a finalement renoncé. Début novembre 2022, après l'échec d'amendements législatifs visant à renflouer des caisses de la Ville de Paris mises à mal par les crises sanitaire et énergétique, la maire PS s'est résolue à une augmentation de la taxe foncière. Elle a ainsi fait passer le taux d'imposition de 13,5% à 20,5%, soit une hausse record de 52%, s'attirant les critiques de la droite comme du gouvernement.

Cet "appel à la solidarité des propriétaires parisiens", évalué à environ 580 millions d'euros, était "le seul levier restant à notre disposition" alors que l'État "continue à se désengager", s'était défendue l'ex-candidate à la présidentielle. L'augmentation de cet impôt et les "efforts demandés à l'administration" sur la gestion courante permettront "de préserver nos services publics" et un niveau d'investissement "inédit", à hauteur d'1,7 milliard d'euros en 2023, destiné à "accélérer la transition écologique", avait-elle fait valoir. "Nous assumons d'investir en période de crise économique quand d'autres font le choix de l'austérité."

J'ai décidé de ne pas m'asseoir sur mes engagements
Anne Hidalgo

Une explication qui n'a pas convaincu les propriétaires parisiens, exaspérés de devoir mettre la main à la poche, alors qu'ils observent un fort délitement des services publics. Quatre mois plus tard, une question les taraude  : Anne Hidalgo aurait-elle pu se passer de cette hausse spectaculaire ? "Oui, mais cela aurait été au détriment des engagements que j'ai pris en 2020 sur le climat, les services publics et la solidarité", s'est-elle justifiée, lundi 13 mars, auprès des Échos, à l'occasion de la présentation des grandes lignes de son plan d'investissement de mi-mandature. "J'ai décidé de ne pas m'asseoir sur mes engagements à un moment où la crise climatique est de plus en plus forte et où les services publics se dégradent dans notre pays."

"À partir du moment où l'État ne nous soutient pas, nous avons dû actionner le levier fiscal", a-t-elle insisté. "Il faut noter que le taux de la taxe foncière passe de 13,5% à 20,5% dans une ville où il n'avait pas augmenté depuis 2011. Il est deux fois plus faible que la moyenne des grandes villes", a argué l'édile, se vantant d'avoir "bouclé le budget le plus ambitieux depuis 20 ans avec une épargne brute de 876 millions d'euros et un autofinancement important de nos investissements."

"Nos priorités n'ont pas changé", a indiqué Anne Hidalgo, évoquant "la transition écologique", avec la poursuite du verdissement de la capitale, et "le social et la solidarité, avec le sujet central du logement". "Nous allons pouvoir accroître l'offre sportive de manière significative. Nous n'aurions pas pu le faire si nous n'avions pas augmenté l'impôt foncier", a-t-elle assuré, à moins de 500 jours de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024. "Nous nous sommes fixés un quatrième objectif, la promotion d'un nouveau modèle économique", qui se traduira notamment par l'ouverture d'"un carrefour du réemploi en 2025" et le renforcement de "l'offre de formation pour les métiers de l'ESS". "Nous allons soutenir le développement du 'Fabriqué à Paris' avec de nouveaux hôtels industriels et investir dans de nouveaux locaux pour y installer des artisans et des commerçants. Nous nous sommes dotés d'un réel pouvoir de souveraineté économique avec la foncière commerce."


Y.R.

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