Élection présidentielle 2022

Industrie : que proposent les candidats à la présidentielle pour le "made in France" ?

Justine Faure
Publié le 10 mars 2022 à 17h11
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Après le Covid-19 et le déclenchement de la guerre en Ukraine, la souveraineté industrielle de la France est un enjeu important de cette élection présidentielle.
Baisse des impôts de production, droits de douane, levier pour favoriser la transition écologique... Que proposent les principaux candidats ?

Réindustrialiser la France et donner la priorité aux entreprises françaises. Ces 11 et 12 mars, de nombreux candidats ou leurs représentants sont attendus aux Assises du Produire en France, à Bordeaux, pour dévoiler leurs propositions en la matière. Le sujet a pris de l'importance depuis la crise du Covid-19 - pendant laquelle la France n'a pas toujours été en mesure de produire ses masques ou ses médicaments - et depuis le début de la guerre en Ukraine, où la souveraineté énergétique ou agricole de la France est questionnée. En la matière, quel est le programme des sept principaux candidats à l'élection présidentielle ? 

À noter qu'Emmanuel Macron ne figure pas dans cette liste, le président n'ayant toujours pas publié de programme ni fait de propositions sur ce sujet.

À droite et à l'extrême-droite, plusieurs mesures sont partagées, comme favoriser les entreprises françaises pour les marchés publics ou baisser les impôts de production (10 milliards d'euros pour Valérie Pécresse, 30 milliards pour Eric Zemmour). 

Marine Le Pen (RN) veut conditionner les subventions aux entreprises qui créent des emplois, supprimer la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) et les impôts de production qui nuisent à la relocalisation. Elle propose aussi de renégocier certains accords de libre-échange déloyaux pour la France. Si ce n'est pas dans son programme, elle est une défenseure du "localisme", théorisé par le député européen Hervé Juvin, censé offrir à tous, même aux plus éloignés des grands centres urbains, de consommer local, sans surcoût, à rebours de la société de marché. 

Zemmour pour un "Patrie-score"

Eric Zemmour (Reconquête!) propose de favoriser la transmission d’entreprises familiales en mettant fin aux droits de donation et de succession ou créer un grand fonds souverain alimenté par les fonds du livret A pour investir dans nos entreprises. Pour rendre plus compétitives les entreprises françaises, il compte baisser le taux d’impôt sur les sociétés à 15% pour les petites entreprises, les artisans, les commerçants, les agriculteurs. À l'image du nutriscore, il veut mettre en place un "Patrie-score" indiquant au consommateur la provenance française d'un produit.

Valérie Pécresse (LR) souhaite développer une production souveraine de biens stratégiques, comme un cloud, à l’horizon 2030. Contre la concurrence déloyale, elle veut instaurer une taxe carbone aux frontières de l’Europe "pour mettre nos entreprises à égalité avec celles du reste du monde qui refusent de s’engager dans la transition écologique". Elle ambitionne de diriger l’argent des Français vers l’économie locale, par exemple via un crédit d’impôt de 50% pour ceux qui investiraient dans des entreprises implantées dans des communes de moins de 20.000 habitants ou en créant un "Livret vert" - fusion du Livret A et du LDD - pour financer des projets contribuant à accélérer la transition écologique des territoires.

À gauche, la réindustrialisation pour lutter contre le réchauffement climatique

À gauche, on lie réindustrialisation de la France et lutte contre le réchauffement climatique. "Alors que les importations représentent la moitié de l’empreinte carbone de la France, la réindustrialisation doit être conçue comme un moteur de la transition écologique de notre pays", écrit ainsi Anne Hidalgo (PS) dans son programme. Elle souhaite notamment relocaliser pour atteindre son objectif de 50% de réduction d'émissions de CO2 d'ici 2035. Pour aider les entreprises d'industries d'avenir ou stratégiques en difficulté, elle créera un fonds pour la réindustrialisation et l’emploi local, qui sera doté de 3 milliards d'euros afin d'investir dans leur capital.

Yannick Jadot (EELV) porte "un plan majeur de réindustrialisation, créateur de centaines de milliers d’emplois partout sur les territoires". Il compte y arriver notamment en conditionnant le versement des aides publiques aux entreprises selon des critères sociaux et environnementaux ou accompagnant des salariés désireux de reprendre sous une forme coopérative leur entreprise en cas de cessation d’activité. 

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Jean-Luc Mélenchon (LFI) veut, lui aussi, relocaliser les productions essentielles à la vie de notre pays en instaurant un "protectionnisme écologique et solidaire". Pour cela, il veut notamment "réviser le Code des marchés publics pour favoriser les entreprises sociales et solidaires, écologiques et locales", "instaurer des droits de douane sur des critères écologiques", "instaurer une taxe kilométrique aux frontières de la France pour dissuader les délocalisations et l’importation de produits trop éloignés" ou "rendre effectives les peines de réquisition d’intérêt général pour toute délocalisation ou fermeture d’activité"Fabien Roussel (PCF) souhaite développer l’économie circulaire, les circuits courts et les process industriels durables via une loi d'orientation et de programmation favorisant une nouvelle industrialisation du pays.  


Justine Faure

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