L'abaya, une longue robe traditionnelle portée par certaines élèves musulmanes, est au cœur des frictions autour de la laïcité.
Alors que son interdiction a été annoncée à quelques jours de la rentrée des classes, Jean-Luc Mélenchon a déploré "une absurde guerre de religion".
Invitée de LCI, ce mardi 29 août, la secrétaire d'État à la Ville, Sabrina Agresti-Roubache, a répondu au leader de La France insoumise.

"On applique la loi, rien que la loi." En vertu de la loi du 15 mars 2004, interdisant "le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une apparence religieuse", l'abaya ne pourra plus être porté à l'école. Cette annonce faite par le ministre de l'Éducation, Gabriel Attal, dimanche 27 août sur TF1, indigne une partie de la gauche. Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a annoncé, ce mardi 29 août sur France 2, son intention de proposer aux parlementaires de son mouvement de saisir le Conseil d'État pour attaquer cette décision, qu'il a qualifiée de "dangereuse et cruelle".

"Dura lex, sed lex. La loi est dure, mais c'est la loi. C'est comme ça", lui a répondu la secrétaire d'État à la Ville, Sabrina Agresti-Roubache, invitée d'Adrien Gindre sur LCI. Selon elle, l'État est à son rôle en "enlevant cette charge mentale aux proviseurs." "Un signe religieux ostentatoire, qui n'entre pas dans le cadre de la loi, est interdit", a-t-elle martelé. "C'est aussi simple que ça."

Plus ça ira mal, mieux ils se portent
Sabrina Agresti-Roubache

Vent debout contre cette réglementation sur cette longue robe traditionnelle, qui reviendrait à créer une "police du vêtement" selon la députée LFI Clémentine Autain, jugeant la mesure "anticonstitutionnelle", Jean-Luc Mélenchon a vivement déploré, lundi, que la rentrée scolaire soit "politiquement polarisée par une nouvelle absurde guerre de religion". "À quand la paix civile et la vraie laïcité qui unit au lieu d'exaspérer ?", a écrit le leader de LFI sur X, le nouveau nom de Twitter.

"Je conteste. La grande majorité des musulmans français, de notre pays, dont je fais partie, refuse l'instrumentalisation de Jean-Luc Mélenchon de notre foi, d'une foi", a répliqué Sabrina Agresti-Roubache. "On parle d'adolescents, on parle du collège et du lycée. Arriver en voulant provoquer avec un tel objet ou tel vêtement, on va dire même que c'est dans la nature des adolescents. Je refuse qu'on instrumentalise une religion", a-t-elle répété, pointant le rôle de LFI dans cette polémique. "Il y a ceux qui vivent de la misère des autres et des banlieues, parce que plus ça ira mal, mieux ils se portent, et ceux qui y vivent et en viennent."


Y.R.

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