L'Assemblée de Corse envahie par des militants défenseurs des prisonniers dits politiques

Julien Vattaire avec AFP
Publié le 28 octobre 2022 à 7h16
L'Assemblée de Corse envahie par des militants défenseurs des prisonniers dits politiques

Source : STEPHAN AGOSTINI / AFP

Des militants défenseurs des prisonniers dits politiques ont perturbé une séance de l'Assemblée de Corse.
Une "résolution" appelant l'État à négocier sur la situation de ces détenus a été votée.
Un cycle de réunions avec l'État sur l'avenir de l'île est lancé depuis plusieurs mois.

La séance de l'Assemblée de Corse prévue ce jeudi ne s'est pas déroulée comme prévu. Elle a même été suspendue pendant dix heures. Et pour cause, une cinquantaine de militants défenseurs des prisonniers dits politiques se sont introduits dans l'hémicycle ce jeudi matin. Des bousculades et quelques coups et insultes ont eu lieu. 

En conséquence de cet envahissement, les élus ont fini par voter une "résolution" appelant l'État à négocier sur la situation de ces détenus dits politiques. Le texte, validé dans un premier temps par les manifestants, indique notamment que l'Assemblée de Corse et le conseil exécutif "aspirent à poursuivre (le) processus de dialogue dans des conditions apaisées". Il fait ainsi référence au cycle de réunions avec l'État sur l'avenir de l'île qui a débuté en juillet. Une réunion spécifiquement axée sur ces détenus est souhaité "au plus vite, dès le mois de novembre 2022".

La question des prisonniers dits politiques au cœur des discussions

Mais, les élus corses exigent de la part de l'État "des actes politiques" afin de "créer les conditions de la reprise du processus en cours". "Rappelant que dans l’histoire contemporaine de la Corse, les négociations politiques ont toujours pris en compte la question des prisonniers", ils appellent à ce que "le processus de discussion engagé entre la Corse et l’État intègre cette problématique dans toutes ses dimensions : retour à la liberté, condamnation pécuniaires, Fijait (fichier des auteurs d'infractions terroristes), logique d’apaisement en direction des jeunes ayant participé aux manifestations du printemps dernier".

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Le collectif l'Ora di u Ritornu (L'heure du retour en langue corse), qui réunit des associations de défense des prisonniers dits politiques ainsi que des organisations syndicales et politiques, souhaitait également que l'Assemblée de Corse "s'engage à suspendre le processus de négociation en cours sous réserve d'un acte fort de la part de l'Etat concernant la libération des prisonniers politiques". Au moment de la suspension de séance, une porte-parole du collectif  a affirmé "que la recherche d'une sortie de crise et la poursuite du processus" de négociations en cours avec Paris sur l'avenir de l'île "ne (pouvait) se concevoir en éludant la question des prisonniers dont la libération doit s'inscrire comme le prélude d'une réelle solution politique".


Julien Vattaire avec AFP

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