L'Assemblée nationale approuve le projet de loi contre le "séparatisme"

T.G avec AFP
Publié le 17 février 2021 à 6h27
Le ministre de l'intérieur Gérald Darmanin lors de la séance du 16 février 2021

Le ministre de l'intérieur Gérald Darmanin lors de la séance du 16 février 2021

Source : Anne-Christine POUJOULAT / AFP

POLÉMIQUE - Adopté en première lecture à l'Assemblée nationale, le projet de loi "confortant le respect des principes de la République" doit être examiné à son tour par le Sénat fin mars.

Houleux ces dernières semaines, les vifs débats à l'Assemblée nationale autour du projet de loi contre le "séparatisme" viennent d'aboutir. Les députés ont adopté le texte, jugé trop faible ou hors sujet selon les camps politiques, avec une majorité confortable de 347 voix pour (151 voix contre, 65 abstentions). Souhaité par le gouvernement, le projet de loi "confortant le respect des principes de la République" doit encore être examiné par le Sénat à partir du 30 mars prochain.

Malgré les promesses initiales de divisions, la majorité s'est massivement rangée derrière ce texte. Il n'y a pas eu "de désordre", s'est félicité le chef de file des députés LREM, Christophe Castaner. Dix "marcheurs" se sont abstenus et un a voté contre. Côté opposition, le Parti socialiste et les députés communistes ont choisi de bouder ce projet de loi en s'abstenant, tout comme le Rassemblement national. Les Républicains et La France insoumise se sont abstenus.

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Présenté comme le remède contre "l'OPA islamiste", le texte contient une batterie de mesures sur la neutralité du service public, la lutte contre la haine en ligne, l'encadrement de l'instruction en famille, le contrôle renforcé des associations, une meilleure transparence des cultes et de leur financement, et encore la lutte contre les certificats de virginité, la polygamie ou les mariages forcés. Au point de modifier plusieurs libertés fondamentales sur l'enseignement ou les associations de corriger la sacro-sainte loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État.

Parti d'une idée développée par Emmanuel Macron  dans son discours des Mureaux, le projet de loi a fait débat pendant de longues semaines après l'assassinat de Samuel Paty. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, pilote du côté de l'exécutif, a dans la dernière ligne droite donné un écho plus dur au projet de loi.

"C'est une offensive laïque extrêmement forte. C'est un texte dur mais nécessaire pour la République", a vanté le ministre de l'Intérieur mardi. Il avait laissé entendre la semaine dernière sur France 2 que la candidate RN à la présidentielle Marine Le Pen était plus "molle" que lui dans la lutte contre l'islamisme.  

Constante dans son opposition, les députés France insoumise ont dénoncé un texte créant un "halo supplémentaire de suspicion" contre les musulmans, et voté, en bloc, contre le projet de loi. Les oppositions à droite, Rassemblement national et Les Républicains y voient au contraire un texte trop peu ambitieux. La députée (LR) Annie Genevard a ainsi dénoncé une "petit texte pour un grand sujet".

Un sujet qui devrait reprendre de l'ampleur en mars. Au Sénat, Bruno Retailleau, chef de file de la droite majoritaire, a d'ores et déjà annoncé son intention de supprimer l'article controversé sur l'école à domicile, d'introduire explicitement la notion de "séparatisme islamiste" et d'interdire le voile dans les lieux publics.


T.G avec AFP