Jérôme Cahuzac condamné

Jérôme Cahuzac est l'invité de David Pujadas ce jeudi : l’affaire rappelée en 5 dates

V. F, avec AFP
Publié le 17 février 2022 à 18h00, mis à jour le 17 février 2022 à 18h07
Jérôme Cahuzac est l'invité de David Pujadas ce jeudi : l’affaire rappelée en 5 dates

Source : Eric FEFERBERG / AFP

Jérôme Cahuzac est l'invité exceptionnel de David Pujadas, jeudi 17 février.
En retrait de la vie médiatique depuis sa condamnation pour fraude fiscale en 2018, il reviendra sur cette affaire.
Elle fut à l'origine de sa démission du gouvernement de François Hollande.

Qui est Jérôme Cahuzac ? Un "super chirurgien, super député, super ministre", tel que décrit par un ancien collaborateur à Bercy ? Ou alors "Birdie", qui ouvre en 1992, sous ce pseudonyme, un compte en Suisse - dont il niera l'existence envers et contre tout -, ne sachant "pas quoi faire" de son argent ?  

Après un retrait de la vie médiatique, suite à sa condamnation pour fraude fiscale, en 2018, l'ex-ministre du Budget revient sous les projecteurs ce jeudi 17 février à 19h dans l'émission de David Pujadas. Voici les principales étapes de cette retentissante affaire qui avait secoué le quinquennat de François Hollande.

4 décembre 2012 : le scandale éclate

Le destin de Jérôme Cahuzac, aujourd'hui 69 ans, bascule le 4 décembre 2012. Ministre pour la première fois, ce passionné de fiscalité a la lourde tâche de prendre en charge le ministère du Budget quand le site Mediapart l'accuse d'avoir détenu, jusqu'au début 2010, "un compte bancaire non déclaré à l'Union des banques suisses (UBS) de Genève" avant de déplacer ses avoirs à Singapour. Il dément sur son blog et par voie de presse, et qualifie ces accusations "d'élucubrations". Mais le lendemain, le site d'information publie un enregistrement de fin 2000, dans lequel un homme, supposé être Jérôme Cahuzac, s'inquiète à propos de ce compte. Interpellé sur le sujet à l'Assemblée nationale, le ministre nie les faits. "Je n'ai pas et je n'ai jamais eu un compte à l'étranger, ni maintenant, ni avant", déclare-t-il. Pendant quatre mois, il dément catégoriquement, "les yeux dans les yeux" des députés, de ses amis politiques et des journalistes. 

19 mars 2013 : la démission

"Je mets toute la force que j'ai à essayer d'éteindre l'incendie, alors que c'est déjà un feu de forêt". Jérôme Cahuzac s'enferre dans le mensonge. Mais l'étau de la justice se resserre : le parquet de Paris, qui menait une enquête préliminaire depuis début janvier 2013, déclare que la voix de l'enregistrement est probablement, selon l'expertise de la police, celle du ministre d'alors. Le parquet ouvre une information judiciaire contre X, pour "blanchiment de fraude fiscale". Il quitte le gouvernement, indique qu'il pourra ainsi se consacrer à sa défense et clame toujours son innocence. Il est remplacé par Bernard Cazeneuve.

4 avril 2013 : les aveux

Jérôme Cahuzac reconnaît devant les juges avoir détenu un compte à l'étranger, ouvert en 1992 à l'UBS, en Suisse (nom de code "Birdie"), rapidement transféré auprès de la banque Reyl à Genève puis, en 2009, à Singapour via des sociétés immatriculées au Panama et aux Seychelles. Il est mis en examen pour fraude fiscale et blanchiment d'argent. "Dévasté par le remords", il finit par reconnaître les faits devant les juges d'instruction. Sur son blog, il écrit détenir 600.000 euros à l'étranger et demande publiquement pardon pour "une faute inqualifiable". Fin 2013, le compte de Singapour est fermé et les plus de 600.000 euros qu'il contenait rapatriés.

3 mars 2014 : Patricia Cahuzac visée à son tour

Patricia Cahuzac, ex-épouse de l'ancien ministre, également mise en examen, avoue l'existence d'un compte sur l'île de Man, ouvert en 1997 à la Royal Bank of Scotland. Il fallait placer l'argent qui coulait à flots à la florissante clinique d'implants capillaires gérée par Jérôme Cahuzac et son épouse, dermatologue. Elle avait ensuite ouvert un compte à la BNP Genève en décembre 2006 dont les avoirs avaient été transférés à la banque suisse Gonet, fin 2010. En 2014, plus de 2,7 millions d'euros sont rapatriés de l'île de Man.

8 décembre 2016 : la condamnation

Jérôme Cahuzac est condamné à trois ans de prison ferme et cinq ans d'inéligibilité par le tribunal correctionnel de Paris, son ex-épouse à deux ans de prison ferme et la banque Reyl à une amende de 1,875 million d'euros. Une peine ramenée en appel à quatre ans, dont deux ans avec sursis. Devant la cour d'appel, Jérôme Cahuzac a concédé un "déni" persistant, mais gardé la même ligne de défense : c'est la volonté de constituer un trésor de guerre au profit du mouvement de l'ex-Premier ministre Michel Rocard qui expliquerait l'ouverture d'un premier compte en Suisse en 1992. La suite relèverait d'une "fuite en avant".

Un aménagement de peine, avec port d'un bracelet électronique, a permis à l'ex-ministre d'éviter la prison. Le tribunal a sanctionné la "faute pénale d'une exceptionnelle gravité" d'un homme qui "incarnait la politique fiscale de la France". "Votre plus grande contribution à la lutte contre la fraude fiscale aura été votre procès", avait asséné l'avocat général à l'ancien président de la commission des finances de l'Assemblée. 

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C'est à la suite de ce scandale que la France a affûté ses outils contre la fraude fiscale, avec la création d'un parquet national financier et d'une agence anticorruption, ainsi qu'à la mise en place d'une série de réformes pour renforcer la traque des fraudeurs fiscaux.


V. F, avec AFP

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