La commission d'enquête sur les Uber Files relève les liens "étroits" et "opaques" entre Macron et la plateforme

par J.F.
Publié le 18 juillet 2023 à 13h44

Source : Sujet TF1 Info

La commission d'enquête parlementaire sur les Uber Files a rendu ce mardi ses conclusions.
Elle estime que le président de la République a noué une relation "opaque" et "privilégiée" avec la plateforme américaine.
Mais les députés Renaissance de la commission, réclamée par La France insoumise, jugent le rapport impartial et le qualifient de "complotiste".

La conclusion n'est pas tendre avec le chef de l'État. Ce mardi, les parlementaires en charge de la commission d'enquête sur les Uber Files a révélé que "la confidentialité et l’intensité des contacts entre Uber, M. Emmanuel Macron et son cabinet témoignent d’une relation opaque mais privilégiée", y compris depuis son accession à la présidence de la République. 

Le président de la République, ministre de l'Économie à l'époque des faits, avait passé un "deal secret" avec la société américaine pour qu'elle renonce à son application controversée Uber Pop en échange de la simplification des conditions nécessaires à l'obtention d'une licence de Voiture de transport avec chauffeur (VTC), précise le rapport. "C’est au mépris de toute légalité, et grâce à un lobbying agressif auprès des décideurs publics, que l’entreprise américaine est parvenue à concurrencer de manière déloyale" les taxis, écrit-il encore dans son introduction.

Selon des éléments mentionnés dans le document par la rapporteuse Danielle Simonnet (LFI), Uber a eu également "34 échanges avec les services du Président de la République entre 2018 et 2022". Elle a aussi relevé sur la même période 26 échanges avec le ministère du Travail, 25 avec Bercy et 83 avec le ministère des Transports, prouvant selon elle une intensification des rapports entre l'exécutif et l'entreprise californienne.

Des conclusions contestées par les élus Renaissance de la commission

Aussi, toujours selon le rapport, la création de l'Agence de régulation des plateformes d'emploi (Arpe) en 2021, censée réguler le secteur, ne constitue qu'"une manœuvre de contournement des droits sociaux des travailleurs à travers la création d’un soi-disant dialogue social" pour éviter une "requalification en salariat de l'activité des travailleurs". Le président de l'Arpe, Bruno Mettling, est lui-même mis en cause pour avoir, quelques mois avant sa nomination, "effectué des activités de conseil, à la demande d’AT Kearney [un cabinet de conseil] agissant pour le compte d'Uber". Il s'agissait de "peser sur la définition du cadre devant être donné au dialogue social en cours de construction", un potentiel "conflit d’intérêts", estime Danielle Simonnet.

Mais les conclusions du rapport ont été sévèrement critiquées par le président de la commission d'enquête, Benjamin Haddad (Renaissance), qui a reproché à sa collègue insoumise de politiser l'affaire. "Il n’y a eu ni compromission, ni 'deal' secret, ni conflit d’intérêts, ni contreparties, contrairement à ce que tente de démontrer vainement notre rapporteure", a-t-il écrit dans son avant-propos, témoignant des fortes dissensions entre les membres de la commission d'enquête. 

Parmi les membres de celle-ci, douze députés ont validé le rapport final - tous ceux issus de la Nupes, du groupe Liot ou du RN - mais les dix députés Renaissance et leurs alliés, ainsi que l'unique élu LR, se sont abstenus.


J.F.

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