La guerre Israël-Hamas fait craquer encore un peu plus la Nupes

Publié le 11 octobre 2023 à 19h04

Source : Sujet TF1 Info

Les prises de position successives de La France insoumise dans la guerre entre Israël et le Hamas ne cessent d'indigner leurs partenaires de la Nupes.
Certains remettent même en cause leur appartenance à l'alliance de gauche.
Et au sein même de LFI, des voix différentes se font entendre.

Les critiques envers les Insoumis ne s'affaiblissent pas. Mardi, ils les ont même relancées. Leurs positions et leurs explications pour les justifier ne convainquent personne sur l'échiquier politique, pas même leurs partenaires de la Nupes, dont beaucoup réfléchissent à claquer la porte. 

La polémique a débuté samedi après l'offensive militaire du Hamas contre Israël. Dans le communiqué diffusé quelques heures après les faits, les Insoumis étaient accusés de trouver des justifications à l'attaque du Hamas contre Israël, en dénonçant d'une même voix le mouvement islamiste et la colonisation israélienne. "L'offensive armée de forces palestiniennes menée par le Hamas intervient dans un contexte d'intensification de la politique d'occupation israélienne à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem Est", écrivaient-ils. "Toute la violence déchaînée contre Israël et à Gaza ne prouve qu'une chose : la violence ne produit et ne reproduit qu'elle-même", complétait Jean-Luc Mélenchon sur X (ex-Twitter). 

Ce dernier faisait ensuite scandale en accusant le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) d'obliger "tout le monde à s'aligner sur la position du gouvernement d'extrême droite israélien" et d'isoler et empêcher "la solidarité des Français avec la volonté de paix et la demande de cessez-le-feu immédiat". Mardi, c'est la cheffe des députés LFI Mathilde Panot qui enfonçait le clou en affirmant que son parti ne changerait pas "d'un iota" sa position. Surtout, elle a exacerbé les critiques en refusant de qualifier directement le Hamas d'organisation "terroriste", à l'inverse des autres partis de gauche. "C'est la branche armée qui est aujourd'hui responsable de crimes de guerre", a-t-elle affirmé à la presse. "Nous condamnons l'ensemble des crimes de guerre, qui visent à la terreur, donc on peut appeler ça terroriste", avait-elle dit également.

Le PS prêt à quitter la Nupes ?

L'indignation des socialistes, communistes et écologistes s'était alors de nouveau exprimée. À l'Assemblée nationale, le groupe PS a annoncé suspendre sa participation à la préparation d'un contre-budget de la Nupes, en marge du budget 2024. Dans une interview au Parisien, la maire PS de Paris Anne Hidalgo, contre cette alliance depuis toujours, a appelé le premier secrétaire du PS Olivier Faure à "cesser cette mésalliance" et à sortir de "l'ombre de Mélenchon", l'accusant de mener "tout le monde dans le mur". Selon Le Monde, le député de Seine-et-Marne y réfléchirait.

Ce mercredi, le leader communiste Fabien Roussel, souvent en désaccord avec LFI et Jean-Luc Mélenchon, a, lui aussi, estimé que la question se posait de maintenir sa participation à l'alliance de gauche. "Il faut avoir ce débat. Je souhaite que nous l’ayons au sein de ma formation politique et nous en tirerons toutes les conséquences", a-t-il déclaré sur France Bleu. "Ce n’est pas le premier accroc qu’il y a dans notre coalition et là, c'est plus qu’un accroc, c’est un désaccord profond", a-t-il ajouté.

Des "prétextes" pour Manuel Bompard

Selon le coordinateur national de La France insoumise Manuel Bompard, ses alliés se servent de la guerre Israël-Hamas comme "prétexte" pour mettre à mal la Nupes et "pour essayer de justifier une rupture avec la Nupes ou pour clarifier une position avec la Nupes". "On parle d'un conflit international dans lequel il y a des milliers de morts, je pense que ça mérite mieux que des polémiques franco-françaises sur la Nupes", a-t-il espéré sur franceinfo. 

Outre des divisions entre partenaires de la Nupes, ces positions défendues par la direction du parti et les proches de Jean-Luc Mélenchon ont fait apparaître de nouvelles fissures au sein même du mouvement. Dans un entretien au Monde publié mardi soir, le député du Nord François Ruffin a plaidé pour qualifier le Hamas d'"organisation fanatique, terroriste". Il a appelé son camp à "mettre des mots forts sur des actes horribles, sinon notre parole est discréditée" et "pas à la hauteur de la gravité des événements". Avant lui, Rodrigo Arenas s'était démarqué de son groupe en dénonçant "les crimes abominables commis par les combattants et les terroristes du Hamas". Clémentine Autain, qui se demandait "comment croire, laisser entendre ou dire sérieusement que LFI soutient le Hamas", reconnaissait "que l'on pointe du doigt, ici un manque de clarté, là des maladresses" de la part de LFI.


Justine FAURE

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