Après les élections législatives, une France ingouvernable ?

La majorité n'a pas toujours été pour l'inscription du droit à l'IVG dans la Constitution

Justine Faure
Publié le 29 juin 2022 à 18h06
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Source : TF1 Info

Elisabeth Borne a réaffirmé ce mercredi son soutien à l'inscription du droit à l'avortement dans la Constitution.
Comme le fait remarquer l'opposition de gauche, la majorité n'a pas toujours été pour.
En 2018 et 2019, elle avait refusé d'adopter ou inscrire à l'ordre du jour deux textes qui allaient en ce sens.

"Quand on voit les reculs auxquels on peut assister aujourd’hui, y compris en Europe avec l’extrême droite qui remet en cause ce droit à l’avortement, on voit l’importance d’inscrire ce droit comme un droit fondamental", a déclaré Elisabeth Borne ce mercredi. Depuis le siège parisien du Planning familial, la Première ministre a de nouveau défendu le projet d’inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution et réaffirmé son soutien à la proposition de loi de la majorité annoncée ce week-end.

Samedi, la cheffe des députés Renaissance Aurore Bergé a annoncé le dépôt d'une proposition de loi pour inscrire "le respect de l'IVG dans notre Constitution", après la décision historique de la Cour suprême des États-Unis de révoquer ce droit. Très vite, la présidente du groupe LFI Mathilde Panot, qui avait indiqué la veille qu'elle proposerait à la Nupes "de déposer une proposition de loi pour inscrire le droit à l'avortement dans la Constitution" française, avait pointé du doigt la position de la majorité.

"Borne se dit favorable à l’inscription de l’IVG dans la Constitution, après que LaREM ait voté contre en 2018", avait tweeté l'élue du Val-de-Marne. "Ravie de voir la Macronie se décider enfin à constitutionnaliser le droit à l’avortement après l’avoir refusé en 2018 et 2019", avait-elle écrit dans un autre message posté sur le réseau social.

La majorité jugeait ces droits suffisamment garantis

En juillet 2018, l'Assemblée nationale avait rejeté des amendements réclamant l'inscription du droit à la contraception et à l'avortement dans le préambule de la Constitution, proposés par des députés UDI-Agir et LFI, le gouvernement jugeant ces droits suffisamment garantis. "Il n'est nul besoin de brandir des peurs" en France au regard de remises en cause dans des pays étrangers, avait notamment estimé la co-rapporteure Yaël Braun-Pivet, en réponse aux Insoumis qui évoquaient les exemples de la Pologne et de l'Espagne.

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Élue mardi à la présidence de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet a assuré dans son discours d'intronisation que le droit à l'IVG "a été conquis" et "ma conviction de femme aujourd'hui au regard des circonstances est que nous devrons veiller collectivement à ce qu'il le reste à jamais". 

En 2019, La République en marche avait court-circuité une proposition de loi constitutionnelle visant à protéger le droit fondamental à l’interruption volontaire de grossesse, déposée par des députés socialistes et insoumis, en refusant de l'inscrire à l'ordre du jour.


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