Crise à la police judiciaire : une réforme contestée

La réforme de la police judiciaire est "difficile" mais "indispensable", défend Gérald Darmanin

M.G avec AFP
Publié le 9 octobre 2022 à 19h02
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Source : JT 20h WE

Dans un contexte particulièrement tendu, et face à la fronde des professionnels du secteur, Gérald Darmanin a défendu le bien-fondé de la réforme de la police judiciaire.
Ce texte est "courageux, indispensable et difficile", affirme le ministre de l'Intérieur.

De quoi ajouter de l'huile sur le feu d'une situation déjà brûlante ? Dans un entretien au Parisien, Gérald Darmanin a défendu dimanche la réforme très controversée de la police judiciaire, voulue par le gouvernement. Le texte, qui doit entrer en vigueur en 2023 dans tout l'Hexagone, "bouscule des habitudes et il est normal qu'elle suscite des contestations", reconnaît-il. Toutefois, cette réorganisation est "courageuse, indispensable et difficile", assène le ministre de l'Intérieur. 

Un audit à venir

Sur le fond de la réforme, le ministre n'amorce pas de changement et répète à cor et à cri qu'"aucun policier de PJ ne fera autre chose que ce qu'il faisait aujourd'hui". Il n'y aura "aucune suppression d'effectif, aucune suppression d'office central, aucune suppression de service ou d'antenne locale", ajoute-t-il. 

Par ailleurs, Beauvau a "commandé un audit", auquel l'inspection générale de la justice doit être associée et qui "sera rendu mi-décembre". "Nous discuterons à partir de là avec les organisations syndicales pour amender la réforme en fonction des remarques pour une mise en place en 2023", affirme Gérald Darmanin. Pas certain que cela soit satisfaisant pour les syndicats qui préconisaient des "mesures d'apaisement" et espéraient un moratoire sur la mesure. 

Certaines limites ne doivent pas être franchies

Gérald Darmanin

L'ancien maire de Tourcoing durcit, toutefois, le ton concernant les récentes oppositions observées dans les rangs de la police. "Certaines limites ne doivent pas être franchies", lance-t-il, dénonçant les "images choquantes" de la manifestation des enquêteurs à Marseille. "Il est évident" que certains manifestants "pourraient être redevables de sanction", menace-t-il encore. 

Pour rappel, le projet de réforme prévoit de placer tous les services de police à l'échelle du département - renseignement, sécurité publique, police aux frontières (PAF) et police judiciaire (PJ) - sous l'autorité d'un seul Directeur départemental de la police nationale (DDPN), dépendant du préfet. Cette réorganisation, actuellement testée dans huit départements métropolitains et dans les territoires d'outre-mer, se heurte à une immense levée de boucliers des professionnels du secteur.

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Pour marquer leur opposition, 200 enquêteurs de la PJ de Marseille ont accueilli Frédéric Veaux, directeur général de la police nationale (DGPN), en formant une "haie du déshonneur". Un coup de force qui a coûté la place à Éric Arella, patron de la PJ du sud de la France. Cette décision a encore amplifié le climat de mécontentement. 


M.G avec AFP

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