Macron II : les premiers jours du gouvernement Borne

"La réforme des retraites n'est pas l'urgence du moment", assure Laurent Berger, le patron de la CFDT

Y.R.
Publié le 23 mai 2022 à 10h33
JT Perso

Source : L'Invité Politique

La nouvelle Première ministre, Elisabeth Borne, a défendu le projet de réforme des retraites, insistant sur la nécessité d'un dialogue syndical et patronal.
Une ouverture à la concertation saluée par Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, invité de LCI.
Toutefois, selon lui, "l'urgence sociale" concerne "le pouvoir d'achat et l'emploi" avant la question des retraites.

"Il n'y a pas d'urgence sur les retraites." À peine installée à Matignon, Elisabeth Borne a détaillé, dimanche 22 mai, les priorités de son gouvernement. À commencer par l'épineuse réforme des retraites. Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a proposé de "décaler l'âge légal" de départ "de 4 mois par an" pour le porter "en 2031 à 65 ans", avec un dispositif de "carrières longues" et un autre de "pénibilité". Une réforme "nécessaire" que la nouvelle Première ministre veut mener dans la concertation. "Cette réforme, comme les autres, se fera dans le dialogue", a-t-elle assuré dans les colonnes du JDD, se disant "profondément convaincue que les bonnes réformes se bâtissent dans le dialogue avec tous les acteurs et en proximité."

"J'ai envie de dire chiche, allons-y, faisons-le, mais faisons-le vraiment", a rétorqué le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, invité d'Elizabeth Martichoux sur LCI, lundi 23 mai. "Je l'ai dit et redit, la concertation, la discussion, la négociation, ce n'est pas arriver avec un projet et sortir avec le même trois heures après. Il faut que l'intervention des organisations syndicales et patronales puissent infléchir les propositions faites par le gouvernement. Je trouve que, dans le discours, il y a une vraie volonté de dialogue. Maintenant, c'est dans les actes que l'on attendra ce gouvernement et la Première ministre."

Des sujets qu'il faut aborder le moment venu

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT

"Pour préserver le système par répartition", "il faudra progressivement travailler un peu plus longtemps", a réaffirmé l'ancienne ministre du Travail, en accord avec le projet présidentiel. "C'est prévu, ça s'appelle la réforme Touraine qui est en train de se mettre en place aujourd'hui. L'âge du départ moyen à la retraite, c'est 63,4 ans", lui a répondu le patron de la Confédération interprofessionnelle, notant toutefois une ouverture dans ce dossier. "Elle a aussi dit que 'les 65 ans ne sont pas un totem'."

"Si l'approche est d'arriver avec un projet disant on veut aller jusqu'à 64 ou 65 ans, la réponse pour la CFDT, c'est non", a toutefois prévenu le leader syndical, à la tête de la CFDT depuis 2012. "Les retraites sont un sujet travail. Il faut s'interroger pourquoi les gens veulent partir. (...) Parlons travail, aménagement des fins de carrière, retrait progressive, de la pénibilité, des carrières longues. Ce sont de vrais sujets qu'il faut aborder le moment venu, mais ce n'est pas l'urgence du moment."

Pas de discussion pendant les législatives

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT

"Il n'y a pas d'urgence sur les retraites", a répété le patron de la Confédération interprofessionnelle, évoquant les concertations qui n'auront lieu qu'après les élections législatives, des 12 et 19 juin prochains. "Il n'y aura pas de discussion pendant les législatives avec la CDFT, je le dis clair et net. Il n'y a pas, à ce point, une urgence qu'il faudrait une mesure en septembre. On discute après les législatives puis jusqu'à la trêve estivale. Pendant la trêve, on ne discute plus des retraites, parce que je n'ai pas envie de donner le sentiment que ça se passerait au moment où les gens sont en vacances en train de faire autre chose."

"L'urgence sociale ce n'est pas les retraites, c'est le pouvoir d'achat et l'emploi", a-t-il affirmé, appelant de ses souhaits "une conférence sociale sur le pouvoir d'achat" et "de méthodes sur tous les sujets". "Nos propositions sont d'agir vite sur les questions de pouvoir d'achat et de salaire", a-t-il ajouté. "C'est l'urgence sociale telle qu'on la ressent, telle qu'on la vit."


Y.R.

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