La mairie écologiste de Lyon est accusée par un maire d'arrondissement LR d'avoir subventionné des artistes pour performer "nus dans un jardin avec sextoys", devant des enfants.
L'entourage de Grégory Doucet dément et se défend d'avoir voulu exposer un public mineur à la nudité dans l'espace public.

La vidéo a déjà été vue plus d'1,5 million de fois sur Twitter. Des artistes en partie ou complètement dénudés, certains dans des poses suggestives et sexuelles, parfois devant un public composé d'enfants : les images partagées ce mardi 13 juin au matin par le maire LR du 2e arrondissement de Lyon Pierre Oliver sont toujours très commentées aujourd'hui. Selon lui, elles sont l'exemple d'une "utilisation militante et extrémiste du budget" de la municipalité. Il accuse "la ville de Lyon et son maire Grégory Doucet" d'avoir "[sabré] 37 subventions culturelles pour financer des individus nus dans un jardin avec sextoys, devant les enfants". Dit-il vrai ? Cette performance a-t-elle vraiment eu lieu devant un public mineur, grâce aux subventions de la mairie écologiste, et au détriment d'autres associations ?

La mairie de Lyon s'en est défendue, notamment par l'intermédiaire de son adjoint à la Végétalisation Gautier Chapuis, ce mercredi. Dans un thread sur Twitter, il répond à plusieurs des accusations lancées par l'élu LR. Tout d'abord, il explique que la vidéo est un montage de plusieurs séquences d'images. Il ajoute qu'elles ont été tournées il y a deux ans, à Saint-Fons, dans un lieu privé et non dans l'espace public, devant un public averti, majoritairement des amis des artistes. 

Il réfute aussi que l'entièreté du spectacle soit à destination d'enfants : la performance artistique, intitulée "Devenir larve" est divisée en trois parties, à destination de trois publics différents. Si la première est à destination du jeune public, la deuxième est pour tous les publics à partir de 14 ans, et la troisième uniquement accessible aux adultes. Aussi, Gautier Chapuis explique que puisque la vidéo a été montée, les enfants visibles sur celle-ci n'ont pas été exposés aux images de l'homme nu à quatre pattes visible en ouverture de la vidéo, mais seulement à la partie du spectacle qui les concernait. Et les enfants présents dans la vidéo ont été emmenés par leurs parents en connaissance de cause.

"Non cette performance n'avait pas été subventionnée par la mairie de Lyon"

Il y a deux ans, cette performance artistique a-t-elle été réalisée grâce aux subventions de la ville, comme le laisse entendre Pierre Oliver ? Non, répond la mairie. Elle confirme que l'association Lundy Grandpré a formulé une demande de subvention pour la première fois cette année. "Par conséquent, non, cette performance n'avait pas été subventionnée par la mairie de Lyon", a assuré Gautier Chapuis. 

Toutefois, il est exact que le conseil municipal s'apprête à valider, à la fin du mois, une aide de 1500 euros à la compagnie composée de deux artistes, subvention par ailleurs validée par le groupe LR, précise l'écologiste. La ville assume son choix, se retranchant derrière le fait que l'Etat lui-même soutient l'association. L'adjointe à la Culture de la ville de Lyon, Nathalie Perrin-Gilbert, a déclaré que la Direction régionale des affaires culturelles l'aidait à hauteur de 6000 euros. "Les artistes bénéficient d’une reconnaissance et d’un soutien de plusieurs autorités, dont l’Etat, au titre du dispositif d’accompagnement des jeunes artistes récemment diplômés", a confirmé Gautier Chapuis.

Une association qui sensibilise à l'écosexualité, l'écoféminisme et la botanique jubilatoire

Enfin, Lundy Grandpré a-t-elle été favorisée au détriment de 37 autres associations ? Auprès du Figaro, l'adjointe à la Culture Nathalie Perrin-Gilbert a dit "assumer les baisses et les hausses" de subventions. "Je ne suis pour aucune forme de censure culturelle. Les champs artistiques sont multiples et nous soutenons également des projets hyper classiques d'art lyrique, par exemple."

Sur son site internet, Lundy Grandpré explique sensibiliser à l'écosexualité, l'écoféminisme et la botanique jubilatoire. Les deux artistes de la compagnie disent avoir "le désir commun de faire de la création artistique un outil de déconstruction des stéréotypes, de questionnement du politique et du subversif" et l’objectif "d’ouvrir des espaces de parole réjouissants qui subvertissent l’ordre établi afin d’entrainer des moments participatifs d’échanges".

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Justine FAURE

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