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Emmanuel Macron a-t-il "fait voter l'obligation d'accrocher son portrait" dans les mairies ?

Publié le 11 mai 2023 à 18h13

Source : Sujet TF1 Info

Des élus "Insoumis" accusent Emmanuel Macron d'avoir "fait voter l'obligation d'accrocher son portrait" dans les mairies.
Il s'agit d'un amendement au texte sur l'obligation du drapeau européen devant les mairies.
Le texte déposé par deux macronistes a été adopté mercredi, mais doit encore passer par le Sénat.

Le chef de l'État est décrit comme un "forceur". "Ne sachant pas comment se faire aimer", Emmanuel Macron aurait "fait voter à l'Assemblée nationale l'obligation d'accrocher son portrait dans les mairies", affirme notamment Raquel Garrido. Dans un message épinglé en tête de son profil ce mercredi 10 mai, la députée Insoumise de Seine-Saint-Denis regrette que le chef de l'État soit en train de rendre "obligatoire" cette coutume "d'ordre protocolaire". Qu'en est-il réellement ?

La députée Raquel Garrido (LFI) accuse Emmanuel Macron d'avoir "fait voter l'obligation d'accrocher son portrait" dans les mairies, le mercredi 10 mai 2023
La députée Raquel Garrido (LFI) accuse Emmanuel Macron d'avoir "fait voter l'obligation d'accrocher son portrait" dans les mairies, le mercredi 10 mai 2023 - Capture d'écran / Twitter

Un amendement de deux macronistes

Ce mercredi, l'Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à "rendre obligatoire le pavoisement des drapeaux français et européen sur le fronton des mairies". Comme souvent, plus d'une centaine d'amendements ont été ajoutés à ce texte par des élus de tout bord. Parmi eux, le numéro 11. Déposé par deux députés de la majorité présidentielle, Denis Masséglia et Nicole Dubré-Chirat, il doit rendre obligatoire "l'affichage du portrait officiel du président de la République". 

Il ne s'agit donc pas uniquement du visage d'Emmanuel Macron, mais de l'ensemble des chefs de l'État. Reste que le choix d'imposer ce portrait en pleine crise politique et sociale peut interroger. Alors comment ces députés ont-ils justifié leur amendement ? Dans les motifs exposés, les élus Renaissance expliquent vouloir "ancrer officiellement la tradition républicaine consistant à afficher le portrait officiel du président de la République au sein de chaque mairie".

Car s'il est vrai que les maires ont tendance à exposer ce portrait, certains élus ne se soumettaient pas à la coutume pour des raisons politiques. Défendant son texte devant l'Assemblée nationale, Denis Masséglia a ainsi évoqué le cas de Cholet, commune située dans sa circonscription du Maine-et-Loire, où le maire divers droite "a décidé, de façon unilatérale, que le portrait ne devait pas être affiché". Un article de Ouest-France à ce sujet précise que les photos des précédents chefs de l'État trônent pourtant dans la salle du conseil municipal. Un manque de "respect du choix des Français", selon le député. "Les mairies sont les maisons des Français", a conclu celui qui plaide pour que figure dans les mairies le portrait du "garant de l’unité de la Nation". 

En résumé, il s'agit d'une mesure proposée par un député personnellement concerné qui a souhaité faire appliquer cette tradition. Une volonté qui n'est pas l'exclusive de ces soutiens d'Emmanuel Macron. En février 2021, le député Les Républicains Philippe Gosselin émettait la même proposition. L'élu arguait alors qu'accrocher le portrait du locataire de l'Élysée "n'est pas un geste politique, mais bien une marque civique d'appartenance à un pays démocratique et républicain, que l'ensemble des élus locaux et les citoyens doivent connaître et respecter". Ce texte n'a pas encore été définitivement adopté, il doit désormais être examiné par le Sénat.

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Felicia SIDERIS

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