Affaire Quatennens : le député LFI dans la tourmente

"Retour d'Adrien Quatennens impossible" : des appels à la démission après les déclarations choc de son ex-compagne

Vincent Michelon
Publié le 23 novembre 2022 à 16h58
JT Perso

Source : TF1 Info

L'ex-compagne d'Adrien Quatennens dénonce mercredi auprès de l'AFP "les violences physiques et morales" dont elle aurait été victime "depuis plusieurs années".
Le député LFI est convoqué par la justice le 13 décembre, après une plainte de la victime présumée.
Réactions à l'Assemblée nationale.

Un nouveau choc pour la Nupes, et en particulier pour La France insoumise, où certains imaginaient Adrien Quatennens de retour sur les bancs du Palais Bourbon dans les prochains jours. Les déclarations de l'ex-compagne du député auprès de l'AFP, ce mercredi 23 novembre, ont fait l'effet d'une bombe à l'Assemblée nationale. Céline Quatennens, qui avait déposé une main courante, puis une plainte, pour dénoncer des violences de la part de son conjoint dans le cadre de leur séparation, assure aujourd'hui que l'ancien lieutenant de Jean-Luc Mélenchon lui avait infligé des "violences physiques et morales" durant "plusieurs années".

Parmi les premiers à réagir à ces nouvelles révélations, le patron du groupe socialiste, Olivier Faure. "J’ai pris connaissance du communiqué de Céline Quatennens", a-t-il déclaré sur Twitter. "Notre devoir est de dire que nous accueillons sa parole et la croyons. Notre responsabilité est d’en conclure que le retour d’Adrien Quatennens sur nos bancs est désormais impossible." "Il n'a plus sa place à l'Assemblée, il n'a plus sa place à la Nupes", a abondé, auprès de LCI, le député socialiste du Calvados Arthur Delaporte, le premier à demander officiellement sa démission. 

"Il n'a pas à revenir dans l'hémicycle"

La députée écologiste Sandrine Rousseau, interrogée à l'Assemblée nationale, a également réclamé le départ définitif d'Adrien Quatennens. "Céline Quatennens a pour la première fois pris la parole, décrivant des violences récurrentes. Adrien Quatennens ne peut plus siéger à l'Assemblée Nationale", a déclaré l'élue parisienne. Peu auparavant, elle avait rédigé un tweet dans le même sens, sans citer directement l'ancien homme fort de LFI. "Respecter et entendre la parole des femmes. Instruire cette parole par la justice. Et une impossibilité des auteurs présumés à représenter le peuple." 

Parmi les voix des écologistes, celle d'Eric Piolle, qui a également appelé au départ d'Adrien Quatennens. "Les violences sexistes et sexuelles sont un fléau", a lancé le maire de Grenoble. "Par conséquent, aucun homme violent ne devrait représenter le peuple français."

Lire aussi

Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a appelé le député à "se mettre en retrait". "C'est prendre le temps des explications, le temps de la justice, le temps de la réparation des victimes", a-t-il jugé, sans utiliser le terme "démission". 

De l'autre côté de l'hémicycle, on retiendra la prise de position d'Aurore Bergé, la patronne du groupe Renaissance, qui s'était déjà montrée critique sur la façon dont la Nupes gérait la crise interne liée aux révélations sur Adrien Quatennens. "Une fois, un coup, c'est déjà la fois de trop. Il n'avait déjà plus sa place dans notre hémicycle. À la justice maintenant de se prononcer. Ça ne se règle pas devant un tribunal Insoumis", a tweeté la présidente du groupe majoritaire. 

"Une gifle n'est pas un acte isolé, c'est une violence", a réagi mercredi le mouvement féministe NousToutes, classé à gauche. "Nous le répétons une fois de plus. Nous croyons et apportons tout notre soutien à Céline Quatennens. Les discours de minimisation des violences conjugales entendus ces derniers mois ne sont pas tolérables."


Vincent Michelon

Sur le
même thème

Articles

Tout
TF1 Info