Après les élections législatives, une France ingouvernable ?

Emmanuel Macron s'adresse solennellement aux Français à 20h : que va dire le chef de l'État ?

Justine Faure
Publié le 22 juin 2022 à 17h48
JT Perso

Source : TF1 Info

Emmanuel Macron s'adresse aux Français ce mercredi à 20h depuis l'Élysée.
Le président de la République devrait leur assurer qu'il a entendu leur mécontentement en ne lui donnant pas la majorité à l'Assemblée nationale dimanche dernier.
Il devrait aussi appeler les oppositions à leurs responsabilités.

La situation est  considérée suffisamment grave pour que le chef de l'État décide de s'adresser aux Français, ce mercredi soir à 20h depuis l'Élysée. Après avoir bouclé ses consultations avec les chefs des partis représentés à l'Assemblée nationale, et avant de s'envoler pour plusieurs jours à l'étranger, Emmanuel Macron a jugé important de délivrer un message solennel à ses concitoyens. Son discours devrait bien sûr être consacré au commentaire des résultats des élections législatives, qui ne lui a pas permis de remporter la majorité absolue à l'Assemblée nationale. 

Quel avenir pour Elisabeth Borne ?

Dans un premier temps, le président devrait assurer aux Français qu'il a entendu leur message et leur colère en ne lui donnant qu'une majorité relative au palais Bourbon. Dimanche dernier, la coalition présidentielle Ensemble! a remporté 245 sièges, contre 350 il y a cinq ans. C'est en dessous du seuil des 289 députés permettant d'obtenir la majorité absolue, assurant au chef de l'État de pouvoir faire passer ses mesures. Nombreuses sont les voix qui évoquent un pays désormais ingouvernable. 

Emmanuel Macron devrait également expliquer que, malgré tout, le gouvernement reste au travail et impliqué, notamment pour améliorer le pouvoir d'achat des Français. Mardi, l'exécutif a fait savoir que plusieurs décrets urgents seraient pris d'ici à la fin du mois, en majorité pour prolonger des aides à l'achat de voitures, à l'embauche d'apprentis ou encore pour augmenter les salaires des fonctionnaires. C'est pour cela qu'il a décidé de maintenir Elisabeth Borne à son poste en début de semaine, après que celle-ci a présenté une démission de courtoisie au chef de l'État. Reste que la Première ministre est contestée jusque dans les rangs de la majorité, François Bayrou appelant notamment à la nomination d'un chef de gouvernement plus "politique" que technique. 

Renvoyer une part de responsabilité à ses adversaires

Aussi, il devrait mettre la pression sur ses adversaires, tous reçus ces derniers jours pour essayer de trouver des terrains d'entente afin de ne pas bloquer la réforme du pays. Emmanuel Macron devrait aussi insister sur le fait qu'il a proposé plusieurs solutions à ses opposants pour gouverner en bonne entente et indiquer que la majorité d'entre elles ont été rejetées. C'est le cas notamment du gouvernement d'union nationale abordé avec Fabien Roussel (PCF) et Marine Le Pen (RN), repoussé par cette dernière, les écologistes, les socialistes ou encore les Insoumis. D'autres, comme les Républicains, ont assuré qu'ils ne seraient "jamais dans le blocage des institutions" mais ont indiqué qu'ils ne souhaitaient pas entrer "dans une logique de pacte de coalition".

Le chef de l'État pourrait également donner quelques éléments de calendrier, alors qu'il doit remplacer rapidement trois ministres battues aux législatives, et compléter son équipe en nommant de nouveaux ministres et secrétaires d'État. Il sera ensuite happé par une série d'engagements internationaux, dont le Conseil européen à partir de jeudi à Bruxelles, puis les sommets du G7 et de l'Otan.


Justine Faure

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