La Nupes, l'alliance de gauche à l'Assemblée nationale

Qui est Carole Delga, la présidente de région socialiste qui s'oppose à l'accord d'union à gauche ?

Maëlane Loaëc
Publié le 7 mai 2022 à 18h47
JT Perso

Source : TF1 Info

La présidente de la région Occitanie, opposante assumée à l'accord entre le PS et les principaux autres partis de gauche, se présente en chef de file des déçus socialistes.
Elle refuse toutefois de quitter le PS et reste campée contre Emmanuel Macron.
Figure montante du parti, elle bénéficie d'un large socle électoral dans sa région.

Si l'accord est historique, il est bien loin de faire l'unanimité au sein du parti : une alliance en vue des législatives entre le Parti Socialiste et les Insoumis, les Verts et les communistes a été adoptée dans la nuit de jeudi à vendredi, validée à 62% par le parlement du parti. 

Mais certaines voix refusent de se résoudre à ce virage, à l'instar de la présidente de la région Occitanie Carole Delga, qui a même l'ambition de fédérer derrière elle les déçus de la ligne du Premier secrétaire Olivier Faure. Pour preuve, elle se déplace dès ce samedi dans le Lot en soutien à un candidat dissident.

Faire élire "un maximum de députés de gauche"

Si elle refuse de se nommer elle-même "dissidente" et de quitter le parti, elle attaque dans les colonnes du Parisien cette la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES), une "alliance purement électoraliste" à ses yeux, et qui ferait selon elle de Jean-Luc Mélenchon le "seul opposant à gauche à Emmanuel Macron". "Or, je suis aussi, avec d’autres, une opposante à Emmanuel Macron", assure-t-elle. En cause également, le nombre de circonscriptions réservées au PS par l'accord (70 sur 577), qu'elle juge bien faible, en particulier dans sa région, où seules six des 58 circonscriptions leur sont finalement dévolues.

"D’ici une quinzaine de jours, je vais réunir les militants qui refusent la liquidation du Parti socialiste", annonce ainsi la cadre du PS, prévoyant de faire élire "un maximum de députés de gauche" avant de lancer à la fin de l'été des États généraux. Ils devraient rassembler "tous ceux qui, à gauche, veulent un projet de société qui ne soit ni celui d’Emmanuel Macron ni celui de Jean-Luc Mélenchon". Il y a quelques mois déjà, elle disait douter que l'Insoumis, troisième homme du scrutin présidentiel, "soit de gauche"

La présidente de région la mieux élue de France en 2017

À 49 ans, Carole Delga incarne une figure montante du PS et a assis sa domination dans sa région, alors même que le parti traverse une crise et a essuyé un revers cinglant lors du scrutin présidentiel, avec un score de 1,75% des suffrages. Arrivée à la tête de la région Occitanie en 2015 avec 44,8% des suffrages, elle est réélue avec une victoire encore plus large aux régionales de juin 2021 : 57% des voix, un score qui l'a propulsée en présidente de région la mieux élue de France, avec un programme centré, entre autres, sur l'éducation, les énergies renouvelables et la lutte contre les déserts médicaux. 

"Ici en Occitanie, nous incarnons cette gauche plurielle, écologiste et citoyenne", s'était-elle alors félicitée, ravie également d'avoir contribué "à faire baisser le Rassemblement national" en battant la tête de liste du parti d'extrême-droite Jean-Paul Garraud. Le mois suivant, elle devenait aussi la première femme à diriger l'une des trois principales associations d'élus françaises, en prenant la tête de Régions de France pour trois ans, avec pour cheval de bataille la "décentralisation"

Issue d'une famille modeste qui ne versait pas du tout dans la politique, Carole Delga a entamé sa carrière à 36 ans en tant que maire de Martres-Tolosane, un village de Haute-Garonne de 2300 habitants où elle vit toujours aujourd'hui, avant de devenir députée et secrétaire d'État au Commerce sous François Hollande. Un poste qu'elle quitte en 2015 pour prétendre à la direction de la région Occitanie. 

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À gauche, certains l'ont même un temps considérée pour prétendre à l'Élysée à la place d'Anne Hidalgo, une perspective qu'elle a écartée en soutenant la maire de Paris. Interrogée par Le Figaro en juillet dernier sur ses ambitions, elle assurait en avoir "beaucoup pour le pays", mais "pas d'ambition personnelle". "Aujourd’hui, mon avenir, c’est l’Occitanie", avait-elle déclaré, mais glissait tout de même : "Je suis d’origine paysanne et on m’a toujours dit de me méfier de ces mots : 'Fontaine, je ne boirai pas de ton eau'"

Désormais, alors qu'Emmanuel Macron recherche "quelqu'un qui est attaché à la question sociale, à la question environnementale et à la question productive" et de préférence une femme pour devenir sa future Première ministre, le nom de Carole Delga a été chuchoté. Des rumeurs auxquelles la principale intéressée a coupé court fin avril : "je n'irai pas si on me le propose", "je ne suis pas à vendre", a-t-elle garanti auprès de France Bleu, refusant de défendre le programme du président réélu, "libéral" et "injuste" à ses yeux.


Maëlane Loaëc

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