Élections législatives : le camp présidentiel perd sa majorité absolue, poussée historique du RN

"Honnête homme" : tollé après les propos de Stanislas Guerini sur Jérôme Peyrat, condamné pour violences conjugales

Justine Faure
Publié le 18 mai 2022 à 13h50, mis à jour le 18 mai 2022 à 17h25
Le secrétaire général de La République en marche Stanislas Guerini, en mai 2020

Le secrétaire général de La République en marche Stanislas Guerini, en mai 2020

Source : THOMAS COEX / POOL / AFP

Invité à commenter la présence sur les listes de la majorité aux législatives de Jérôme Peyrat, condamné pour violences conjugales, Stanislas Guerini a estimé mercredi matin qu'il s'agissait d'un "honnête homme" incapable de "violences sur les femmes".
Les propos du patron de LaREM au sujet de l'ex-conseiller de l'Élysée indignent l'opposition.
Stanislas Guerini a présenté ses excuses plus tard, annonçant du même coup le retrait du candidat mis en cause.

Quid de la grande cause des deux quinquennats d'Emmanuel Macron quand la majorité présidentielle investit aux élections législatives un candidat condamné pour violences conjugales ? Ce mercredi, le délégué général de La République en marche Stanislas Guerini a été interrogé à ce sujet sur franceinfo. Sa défense de l'ancien conseiller du chef de l'État, condamné en septembre 2020 à 3000 euros d’amende avec sursis pour violences conjugales, n'a pas éteint la polémique. Au contraire, elle l'a relancée, menant jusqu'au retrait, mercredi après-midi, de l'investiture polémique. 

"Si j’avais la conviction ou même le soupçon qu’on ait affaire à quelqu’un qui puisse être violent, coupable de violence sur les femmes, jamais je n’aurais accepté cette investiture-là", a assuré Stanislas Guerini mercredi matin, disant avoir "pris du temps pour lire les attendus [du jugement, NDLR], pour comprendre, pour savoir si au fond, on pouvait avoir quelqu'un qui pouvait être capable de violences volontaires. Je crois et j'en suis même infiniment convaincu que ça n'a pas été le cas". "C’est un honnête homme, je ne le crois pas capable de violences sur les femmes", a ajouté le député à propos de Jérôme Peyrat, pourtant condamné pour de tels faits. Les violences constatées avaient valu 14 jours d'ITT à son ex-épouse. Selon France Bleu, elle a elle-même été condamnée à des amendes de 500 et 800 euros pour des appels et SMS malveillants à Jérôme Peyrat et des proches.

Stanislas Guerini a d'ailleurs insisté sur le fait que les deux époux avaient été condamnés. "Dans cette affaire, il y a eu une dispute, deux condamnations, de part et d'autre et je crois qu'on peut respecter ça", a-t-il déclaré, semblant minimiser la gravité des faits reprochés à Jérôme Peyrat. Il a aussi pointé du doigt la décision de la justice de ne pas prononcer de peine d'inéligibilité à l'encontre du candidat dans la 4e circonscription de Dordogne. Le patron du parti présidentiel avait commencé son laïus en indiquant qu'il ne souhaitait "jamais donner l’impression qu’on pourrait empêcher la libération de la parole des femmes, la judiciarisation des affaires"

L'opposition condamne des propos "d'une violence inouïe"

Cette défense a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux et une indignation de l'opposition de gauche. "Quelle honte. Quel naufrage", a commenté la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot. "Quelle honte !!! La justice a condamné cet homme, retirez cette candidature et vos propos !" a abondé l'eurodéputé EELV Karime Delli, quand le secrétaire national d'EELV Julien Bayou a accusé la majorité de se moquer de la justice. "La question n’est donc pas la justice (en l’espèce, elle est passée et elle a condamné) mais la protection des hommes violents. Merci Stanislas Guerini de le dire avec autant de clarté", a tweeté Sandrine Rousseau. 

 "Donc un condamné pour violence conjugale n’est 'pas capable de violences sur les femmes'. C’est aussi valable pour les autres condamnations ou c’est réservé aux violences sur les femmes ?", s'est interrogé le Premier secrétaire du PS Olivier Faure. "Je pense aux femmes victimes de violences conjugales qui entendent ces propos d’une violence inouïe. Passer de la grande cause du quinquennat à la grande tartufferie. Il faut une réaction de la cheffe de majorité Elisabeth Borne", s'est indigné le sénateur socialiste Rachid Temal. "Non, Stanislas Guerini. Il n’y a pas de 'en même temps' en matière de violences conjugales. Le candidat que vous avez investi a été condamné par la justice. Point", a tweeté Patrick Kanner, chef des sénateurs PS.

L'investiture de Peyrat retirée

La violente polémique suscitée par les propos de Stanislas Guerini ont précipité son issue. Le patron de LaREM, présentant ses excuses mercredi après-midi, a annoncé du même coup le retrait de l'investiture accordée à Jérôme Peyrat. 

"Je mesure que les propos que j'ai tenus ce matin ont pu heurter et blesser", a expliqué Stanislas Guerini, assurant de remettre en cause "en aucun cas une décision de justice". "Pour ne laisser aucune place à l'ambiguité sur nos engagements, j'ai échangé avec Jérôme Peyrat ce jour, et nous avons convenu ensemble qu'il retire sa candidature", a-t-il conclu. 


Justine Faure

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