Les fonctionnaires français devront bannir TikTok de leurs téléphones

par J.F.
Publié le 1 mars 2023 à 18h24, mis à jour le 24 mars 2023 à 12h34

Source : TF1 Info

Le gouvernement a interdit vendredi l'installation ou l'utilisation d'applications "récréatives", dont le réseau social chinois TikTok, sur les téléphones des fonctionnaires.
La France suit ainsi des décisions similaires prises aux États-Unis et dans plusieurs institutions européennes.
Les applications concernées présentent des "risques en matière de cybersécurité et de protection des données des agents publics et de l'administration", justifie le gouvernement.

Après les fonctionnaires américains et européens, c'est au tour de l'administration française. Le gouvernement a banni vendredi l'installation et l'utilisation d'applications "récréatives" telles que le réseau social chinois TikTok ou la plateforme américaine de streaming Netflix sur les téléphones professionnels des 2,5 millions d'agents de la fonction publique d'État.

Ces applications présentent des "risques en matière de cybersécurité et de protection des données des agents publics et de l'administration", a estimé l'entourage du ministre de la Fonction publique, Stanislas Guerini, auprès de l'AFP. Une piste qui avait été évoquée le 1er mars dernier en Conseil des ministres. La société chinoise, propriété de ByteDance, est soupçonnée de transférer des données de ses utilisateurs vers la Chine, où l'État peut avoir accès aux données des entreprises. 

La France suit ainsi des décisions similaires prises pour les fonctionnaires américains, de la Commission européenne ou encore du Parlement européen. 

"Qu'il s'agisse du président de la République, de la Première ministre ou des membres du gouvernement, nous disposons de téléphones professionnels qui ne tolèrent pas l'installation de quelque application que ce soit. Aucun téléphone professionnel de ministre n'est équipé de TikTok ou d'autres applications", avait déjà souligné le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, début mars. Dans les ministères régaliens (Défense ou Intérieur notamment), "il a été déjà assuré que, sur les téléphones professionnels des agents au niveau central, il ne puisse pas être installé d'application de réseau social de type TikTok ou autre. Une réflexion est en cours dans d'autres ministères", a-t-il précisé.

On sait que certaines applis ont des 'portes arrière' qui peuvent permettre d'accéder aux données téléphoniques
Agnès Pannier-Runacher

Parmi les applications désormais bannies figure "le triptyque applications de jeux comme Candy Crush, de streaming comme Netflix et récréatives comme TikTok", explique l'entourage de Stanislas Guerini, avant d'ajouter que Twitter est également mis à l'index. Mais le gouvernement n'a pour l'heure pas dressé de liste uniforme des applications interdites, la mesure est prise par défaut.

Le ministère des Armées avait déjà rappelé que "ces applications sont interdites sur les téléphones professionnels" des militaires et que des consignes précises ont été diffusées pour l'usage des réseaux sociaux sur leurs appareils privés. 

Une commission d'enquête créée au Sénat

 Les sénateurs travailleront sur le sujet ces prochaines semaines, à la demande de Claude Malhuret (Indépendants), au sein d'une commission d'enquête débutée ce 1er mars sur "l'utilisation du réseau social TikTok, son exploitation des données, sa stratégie d'influence"

La France souhaite également s'assurer que l'application ne traite pas ses données en dehors de l'Union européenne, ce dont elle n'est pas sûre actuellement. TikTok s'était engagée à arrêter de traiter les données des utilisateurs français en dehors de l'UE en 2023, "le ministre va donc demander un calendrier plus précis aux dirigeants de TikTok", avait indiqué le ministère de la Transition numérique et des Télécommunications.

Emmanuel Macron, comme plusieurs de ses ministres et des figures de l'opposition, communiquent sur TikTok afin de cibler les jeunes. Mais le président de la République a à plusieurs reprises exprimé sa méfiance envers l'application. En décembre, il jugeait TikTok d'une "naïveté confondante" et dénonçait "une vraie addiction" des adolescents à ce réseau diffusant de la "propagande russe cachée".


J.F.

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