Les élections régionales et départementales 2021

Les positions de Guillaume Peltier sont-elles si minoritaires chez Les Républicains ?

La rédaction de LCI
Publié le 1 juin 2021 à 13h18
Le vice-président des Républicains Guillaume Peltier

Le vice-président des Républicains Guillaume Peltier

Source : Guillaume SOUVANT / AFP

DROITES - Tous les membres des Républicains n'ont pas condamné les propos de Guillaume Peltier, qui trouvent également un écho chez certains militants du parti.

Certains ont réprimé ses propos, d’autres ont gardé le silence. Tous les membres du parti des Républicains ont-ils été choqués par les déclarations de Guillaume Peltier dimanche dans Le Grand Jury LCI/RTL/Le Figaro ? Le vice-président du parti est-il le seul à pouvoir être accusé de tanguer dangereusement vers l’extrême droite ?

Pour rappel, le député de Loir-et-Cher a plaidé il y a deux jours pour "le rétablissement de la Cour de sûreté" en matière de terrorisme, qui "au cas par cas pourrait placer en rétention de sûreté", le tout sans appel. Opposé au "front républicain" qu’il voit comme une "imposture individuelle", il a indiqué qu’il voterait blanc en cas de second tour entre Macron et Le Pen en 2022. Il a également dit porter "les mêmes convictions" que le maire de Béziers Robert Ménard.

Très tôt, le président du parti Christian Jacob a regretté une "prise de position personnelle", et certains députés ont défendu l’État de droit et condamné la proposition de Guillaume Peltier, membre du Front national dans sa jeunesse. Ce mardi, sur LCI, Michel Barnier déplorait "une faute" dont il fallait s'expliquer, quand le patron des députés LR Damien Abad a réaffirmé plus tôt que la digue de l’extrême droite était "infranchissable". "Aucune voix ne doit aller au RN, ni aux régionales ni à la présidentielle", a-t-il ainsi affirmé au Figaro.

D’autres ont tout fait pour éviter de le condamner fermement, comme le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau ce mardi sur Europe 1, et d’autres sont restés silencieux. D’ailleurs, l’ancien Premier ministre et président du Sénat Gérard Larcher a jugé sur France 2 "très grave de ne pas avoir une voix qui recadre les dérives" au sein de LR, alors que sa famille politique a décidé ce mardi en réunion de groupe de ne pas le sanctionner. 

Le silence de Ciotti et Morano

Parmi ceux qui ont gardé le silence, notons la présence du député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti et de la députée européenne Nadine Morano, à qui Marine Le Pen a lancé un appel à la rejoindre la semaine dernière. Ces deux personnalités refusent toute alliance avec LaREM lors des élections départementales et régionales, et n’ont pas apporté leur soutien aux têtes de liste LR dans leurs régions pour cette raison. Ils défendent également des positions fermes sur l’immigration, et refusent de faire du RN l’épouvantail de la République.

"Le discours sur les grands méchants loups" du RN "ça ne marche plus" et il faut apporter de "vraies réponses" sur l’immigration ou la sécurité, estime l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy. Eric Ciotti estime lui que ce qui "différencie" LR du RN, ce ne serait désormais plus que la "capacité à gouverner".

Si la direction des Républicains est dans l’embarras et condamne sans grande fermeté, c’est parce que selon le maire LR d’une grande ville interrogé par Politico, le parti a peur de froisser ses militants, qui "globalement pensent la même chose" que Peltier, Morano et Ciotti. Le risque est grand également d’agrandir un peu plus la fracture entre les membres du parti à quelques semaines d'élections importantes, même s'ils devront pourtant rapidement se positionner entre les deux tours.

Toutefois, selon un sondage Ipsos Sopra Steria pour franceinfo et Le Parisien publié le 15 mai dernier, 58% des sympathisants LR estiment que leur parti est proche de LaREM quand un tiers d'entre eux (33%) pensent qu’il est proche du RN. Interrogés sur les élections des 20 et 27 juin prochains, 58% des sondés se disant proches de LR sont enclins à s’allier avec LaREM dans les régions où le RN est en position de l’emporter au second tour. 48% se disent favorables à une alliance avec le Rassemblement national dans les territoires où la gauche est en position de l’emporter au second tour. 


La rédaction de LCI

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