Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a appelé ce mardi sur LCI à reprendre les discussions sur un projet de loi sur l'immigration, mis en pause depuis fin mars par Emmanuel Macron.
Il a également plaidé pour ne défendre qu'un seul texte, contrairement à ce qu'avait annoncé le chef de l'État.
L'exécutif souhaite à la fois faciliter les expulsions des étrangers délinquants et travailler à l'intégration de travailleurs immigrés.

Gelées depuis un mois, les discussions sur le projet de loi controversé de l'exécutif sur l'immigration pourraient trouver un second souffle dans les semaines à venir. C'est en tout cas ce que souhaite le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, qui a plaidé, ce mardi 18 avri sur LCI, pour reprendre son examen parlementaire. "Il faut qu'on avance. Les Français ont besoin d'un texte fort sur l'immigration pour lutter contre l'immigration irrégulière", a-t-il estimé. Il a souhaité par ailleurs qu'un seul texte soit voté sur le sujet, à contre-courant du saucissonnage en "plusieurs textes" qu'avait annoncé Emmanuel Macron fin mars, repoussant alors le débat sur le texte, prévu il y a trois semaines déjà au Sénat.

Un seul ou plusieurs textes ?

La Première ministre Elisabeth Borne mène actuellement des discussions sur le sujet avec "les forces politiques" au Parlement, a expliqué Gérald Darmanin dans la vidéo en tête d'article, se disant "sûr qu'on peut s'entendre sur cette question avec les Républicains". Ce texte préparé aux côtés de son collègue au Travail, Olivier Dussopt, qui avait été annoncé depuis des mois, a pourtant été jugé insuffisant par la droite et l'extrême droite, tandis que la gauche et les associations de défense des migrants l'avaient également contesté.

En pleine poussée de fièvre politique sur les retraites, les discussions avaient ensuite été mises en pause par Emmanuel Macron, qui avait indiqué le 22 mars, lors de son entretien télévisé, que le texte serait "réagencé" et découpé en plusieurs "textes plus courts", pour n'en garder que les aspects les plus consensuels. Ce qui entraînait de fait le report de l'examen du texte au Sénat, contrôlé par l'opposition de droite, prévu au départ au 28 mars

Le gouvernement et la majorité prévoyaient alors un "projet de loi plus court et plusieurs propositions de loi", à savoir des textes déposés à l'initiative de parlementaires, avait expliqué un conseiller de l'exécutif à l'AFP. Une option que souhaitait écarter dès le départ Gérald Darmanin, qui a plaidé à nouveau mardi pour ne conserver qu'un seul texte. "Je souhaite qu'il y ait un projet de loi fort, je souhaite que ce soit le texte que j'ai proposé", a-t-il indiqué. 

Double objectif

Quant au contenu du projet de loi lui-même, il a rappelé ses deux principaux volets : "à la fois le respect du travail des personnes étrangères qui viennent sur notre sol (...) et en même temps beaucoup plus de fermeté contre ceux qui tirent au flanc". Gérald Darmanin espère ainsi "lutter très fortement contre la délinquance étrangère en permettant l'expulsion des délinquants étrangers" et "forcer tous les étrangers qui viennent sur notre sol à apprendre la langue française" au risque de ne pas se voir attribuer de titre de séjour. Mais aussi "permettre que des gens qui travaillent dans notre pays, qui vivent en écoutant nos lois et respectent totalement nos règles puissent travailler sans qu'ils soient inquiétés", a-t-il déclaré, sans revenir toutefois sur le projet controversé de titre de séjour sur les métiers en tension prévu initialement dans le texte.

Un double objectif que reprenait aussi Emmanuel Macron lundi soir, lors de son allocution télévisée, en promettant de renforcer "le contrôle de l'immigration illégale, tout en intégrant mieux ceux qui rejoignent notre pays". L'immigration figure ainsi parmi les chantiers qu'il souhaite mener sous "100 jours", d'ici au 14 juillet, dans l'espoir de relancer son quinquennat et tourner rapidement la page de la réforme des retraites. De son côté, le ministre du Travail Olivier Dussopt a, lui aussi, placé l'objectif d'une reprise du débat "avant l'été", sur RTL ce mardi.

Le président n'est toutefois pas revenu sur la forme que prendraient ces mesures, à savoir un seul texte ou plusieurs. L'annonce du découpage du projet de loi avait suscité une levée de boucliers au sein de l'opposition de droite, en particulier. "Il n'est pas question (...) d'un texte qui soit saucissonné", avait alors réagi sur LCI le président LR du Sénat, Gérard Larcher. Elisabeth Borne avait tenté de le rassurer dans un courrier, disant chercher "la meilleure méthode afin d'avancer au plus vite sur ces questions majeures, sans mettre en cause les ambitions fortes de ce texte". L'horizon précis de la reprise des discussions reste encore inconnu.


Maëlane LOAËC (avec AFP)

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