Loi Travail : pourquoi, cette fois-ci, la droite ne déposera pas de motion de censure

Le service METRONEWS
Publié le 5 juillet 2016 à 19h09
Loi Travail : pourquoi, cette fois-ci, la droite ne déposera pas de motion de censure

NOTRE JOB EST FINI - Après le nouveau passage en force de Manuel Valls sur la loi Travail, les députés de droite se montraient particulièrement sereins mardi après-midi. Ils n'ont même pas envisagé de lancer une motion de censure, comme en mai. Voici pourquoi.

Un 49.3 qui leur fait ni chaud ni froid. Alors que la gauche s'entredéchirait, mardi à l'Assemblée nationale, au sujet du nouveau passage en force du gouvernement sur la loi Travail, les députés de droite se montraient relativement sereins, voire absents. Alors que le Front de gauche et les écologistes préparaient une motion de censure rageuse contre le gouvernement, l'opposition, elle, avait écarté l'hypothèse dès le matin. "Que Valls se débrouille avec son champ de ruines", a tranché le patron des députés Les Républicains, Christian Jacob. Comment expliquer ce détachement ? Réponse en trois points.

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La gauche fait le travail toute seule
Pas besoin de jouer son rôle d'opposant quand la gauche s'y prête à merveille toute seule. "La majorité n'est même pas capable de faire débattre ce texte vidé de sa substance à l'Assemblée nationale", explique le député LR Eric Ciotti. "La gauche ne sait pas débattre. D'ailleurs, elle ne sait même pas se réunir puisque le PS annule son université d'été . Nous la laissons donc se déchirer, face à ses incohérences, dans son entre-soi."

La droite a déjà fait son job au Sénat
Pas besoin de tenter d'améliorer le texte à l'Assemblée, puisque la droite sénatoriale a déjà exposé sa version de la loi Travail . Une version très libérale adoptée tranquillement il y a une semaine, dans laquelle l'opposition jetait les bases de ce qui pourrait ressembler à un programme pour la présidentielle de 2017. La mouture du Sénat a évidemment été retoquée par le gouvernement. Curieux, le rapporteur du texte au Sénat, Jean-Baptiste Lemoyne, est toutefois venu passer une tête chez ses collègues députés ce mardi. "Tout ça pour ça", concluait-il après l'allocution de Manuel Valls. "La montagne accouche d'une souris. Ce gouvernement en fin de cycle n'a pas saisi notre main tendue." Grand seigneur.

C'est bientôt les vacances... et la demi-finale de l'Euro 2016
Certains objectent que la droite aurait pu, tout de même, se fendre d'une motion de censure contre le gouvernement, par souci de cohérence, puisqu'elle l'avait fait en mai, en première lecture. "On ne va pas participer à cette mascarade", répète Philippe Gosselin, député LR de la Manche. "On ne se voit pas non plus voter la motion de gauche."

Mais Hervé Mariton avance d'autres raisons. "J'aurais voté cette motion de censure, mais l'énergie n'est plus là. Dommage, parce qu'il en faudra pour réformer le droit du travail en 2017." L'opposition est concentrée sur d'autres enjeux... et pas seulement la primaire de la droite. Si la motion de censure avait été signée, il aurait fallu la voter jeudi. "Tous les députés n'auraient pas été là pour la voter, précise le député, Il y a une forme d'usure et puis... il y a le match de foot jeudi soir." En effet, quoi de mieux qu'une rencontre France-Allemagne en demi-finale de l'Euro pour faire oublier la loi Travail ?


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