L'interview Politique

Macron veut "plus de bleu dans les rues" : "Ça sonne très Sarkozy", selon Jérôme Fourquet

CQ
Publié le 20 avril 2021 à 10h25, mis à jour le 29 juin 2021 à 17h04
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Source : TF1 Info

CAMPAGNE - A un an de la présidentielle, Emmanuel Macron souhaite faire de la sécurité un thème de campagne. Quitte à faire du sarkozysme, selon Jérôme Fourquet, directeur du pôle Opinions de l’Ifop.

Par voie de presse ou une visite à Montpellier, Emmanuel Macron a décidé de passer à l’offensive à un an de l’élection présidentielle et d’investir un sujet cher à la droite : la sécurité. Dimanche 18 avril, dans un entretien donné au Figaro, le chef de l’État a annoncé la création à Montpelier d’une "école de guerre avec de la formation continue" pour les policiers et promis de tenir son objectif de 10.000 policiers et gendarmes supplémentaires d’ici la fin de son mandat. "Chaque Français verra plus de bleu sur le terrain en 2022 qu’en 2017. Ça rassure les gens, ça dissuade les délinquants", a-t-il déclaré. 

La sécurité et le monopole de la droite

De quoi faire penser à un autre président, souligne Jérôme Fourquet. "Il a dit qu’il fallait davantage de bleu, ça sonne très Sarkozy dans les années 2000", a considéré le directeur du pôle Opinions de l’Ifop, invité de LCI mardi 20 avril. Selon le politologue, cette stratégie pourrait s’avérer payante. "Dans l’opinion, la lutte contre la délinquance se situe au même niveau que la lutte contre le chômage", a-t-il affirmé, avant de souligner la hausse des violences à l’encontre des policiers et des gendarmes : "En 20 ans, les atteintes aux membres des forces de l’ordre ont doublé. La réalité des chiffres, c’est celle d’une violence exacerbée contre les forces de l’ordre et les représentants de l’État."

Si Emmanuel Macron s'est défendu d'avoir en tête "un quelconque agenda politique", il souhaite aujourd’hui s’approprier la thématique de l'ordre et de la sécurité afin de pas en laisser le monopole au candidat déclaré Xavier Bertrand et à son ancienne adversaire Marine Le Pen. Car la candidate du Rassemblement national occupe le terrain sans grand effort. "D’après un sondage Ipsos commandé pour Le Point, sur la question de la lutte contre la délinquance, 45% des Français font confiance à Marine Le Pen contre 17% seulement à Emmanuel Macron", a ainsi illustré Jérôme Fourquet.

Un autre sondage d’opinion réalisé par l’institut Elabe, cité par Le Monde, illustre le même phénomène et pourrait orienter la campagne présidentielle : 30% des électeurs interrogés citent la sécurité comme l’un des thèmes les plus importants de cette élection, juste derrière l’emploi et le pouvoir d’achat (31%). "Si la campagne s’oriente vers les thèmes sécuritaires, il y aura un avantage structurel pour Marine Le Pen", selon Jérôme Fourquet. La candidate d’extrême-droite est aujourd’hui à 45 ou 46% des intentions de vote au premier tour de l’élection, d’après l’Ifop.


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