Malaise dans la police : Emmanuel Macron "comprend l'émotion" mais appelle à "respecter l'état de droit"

Publié le 24 juillet 2023 à 15h12, mis à jour le 24 juillet 2023 à 16h25

Source : TF1 Info

Dans une interview aux JT de 13H de TF1 et France 2, Emmanuel Macron a dit, lundi 24 juillet, "comprendre l'émotion des policiers".
Le chef de l'État réagissait aux propos du directeur général de la police, à la suite de la détention provisoire d'un policier à Marseille.
Il a toutefois rappelé que "nul en République n'est au-dessus des lois".

"Tout le monde doit respecter la loi." C'est, en substance, le message adressé par Emmanuel Macron, depuis Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, après le soutien du directeur général de la police nationale (DGPN) à un agent de la BAC en détention provisoire à Marseille. Dans une interview au Parisien, Frédéric Veaux avait exprimé son souhait de voir libérer le policier, incarcéré dans le cadre d'une enquête où, avec trois autres fonctionnaires, il aurait roué de coups un jeune homme en marge des émeutes début juillet. "Le savoir en prison m'empêche de dormir", avait-il affirmé. Des propos qui ont fait polémique, alors que le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, et le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, lui ont apporté leur soutien.

L'ordre, l'ordre, l'ordre
Emmanuel Macron, président de la République

"C'est une décision qui a été prise par un magistrat et donc je ne me prononcerai pas sur celle-ci", a d'abord affirmé le chef de l'État, invité des JT de 13H de TF1 et de France 2, lundi 24 juillet, rappelant qu'il est "le garant des institutions et aussi de l'indépendance de l'autorité judiciaire". Refusant également de commenter les propos du patron de la DGPN, qui a estimé qu'un policier "n'a pas sa place en prison", le locataire de l'Élysée a dit "comprendre l'émotion" des fonctionnaires, en colère. Emmanuel Macron a néanmoins confirmé que "nul en République était au-dessus de la loi". La "légitimité" des policiers "tient du fait qu'ils protègent le cadre républicain et qu'ils font respecter les lois démocratiquement votées", a-t-il souligné. "Bien évidemment, eux-mêmes s'inscrivent dans le cadre de la loi et de l'état de droit."

Lors de cet inhabituel entretien, en duplex, en pleines vacances d'été et dix jours après un 14-Juillet sans prise de parole, le président de la République a martelé sa réponse aux émeutes urbaines, des "violences inqualifiables" survenues après la mort de Nahel, qui se sont achevées au bout de "quatre jours". De la violence qui a conduit à "brûler des écoles, des mairies, des gymnases, des bibliothèques" et de cette "violence de pillage", "la leçon que j'en tire, c'est l'ordre, l'ordre, l'ordre", a-t-il surligné. "L'ordre doit prévaloir. Il n'y a pas de liberté sans ordre, c'est l'ordre républicain et le retour au calme", a-t-il insisté.

"Cette violence qu'on a vue est le fait de certains de nos compatriotes extrêmement jeunes", a précisé Emmanuel Macron, avançant la moyenne d'âge de 16 ans et des "jeunes pas connus de la justice" issus d'un "cadre familial fragilisé". Selon le chef de l'État, "notre pays a besoin d'un retour de l'autorité à chaque niveau et d'abord dans la famille". "C'est tout le chantier que je veux pouvoir ouvrir à la fin de l'été, celui de l'autorité parentale, ce n'est pas à l'Éducation nationale, encore moins à la police de régler le problème", a-t-il jugé. "On doit responsabiliser certaines familles, on doit aussi accompagner d'autres familles qui sont dans la détresse et on doit réinvestir massivement sur notre jeunesse pour lui redonner un cadre."


La rédaction de TF1info

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