Élection présidentielle 2022

Marine Le Pen assure n'avoir "aucune reconnaissance particulière" pour la banque russe qui lui a alloué un prêt en 2017

Maëlane Loaëc
Publié le 5 avril 2022 à 23h16
JT Perso

Source : TF1 Info

La candidate du RN, invitée sur LCI ce mardi, a assuré que le prêt qu'elle a perçu d'une banque russe pour financer sa campagne en 2017 ne constituait aucune contrepartie à un soutien à Vladimir Poutine.
Elle a affirmé s'être tournée vers cette banque faute de créanciers français ou européens.

Mise en cause au moment du déclenchement du conflit ukrainien pour d'éventuelles accointances passées avec Vladimir Poutine, Marine Le Pen continue de se défendre de toute proximité avec le régime russe. Ce mardi sur LCI, dans "Une Semaine pour convaincre", elle est revenue sur le prêt qu'elle a reçu d'une banque russe pour sa campagne de 2017, et qui ne constituait en aucun cas une contrepartie à un soutien politique selon elle : "cent fois non", s'est défendue la candidate du Rassemblement National. 

Lors du scrutin de 2017, qui avait vu Marine Le Pen accéder au second tour, le parti avait en effet eu recours à un prêt russe de 9 millions d'euros. Le journal indépendant russe Novaïa Gazeta, depuis bâillonné par les lois de censure de Vladimir Poutine, avait alors présentée comme la candidate comme la "meilleure propagandiste russe" et avait affirmé que cet emprunt constituait une contrepartie à la reconnaissance de l’annexion de la Crimée par le chef du Kremlin en 2014. "C'est absolument faux", a assuré sur LCI Marine Le Pen. 

"Je ne regarde pas la nationalité de la banque à qui je fais un emprunt"

"Ce n'est pas parce qu'un opposant à Vladimir Poutine dit quelque chose que c'est vrai", a-t-elle plaidé, avant d'ajouter : "Aucune banque française ou européenne n'avait accepté de nous prêter de l'argent. On nous force à aller à l'étranger pour aller chercher un prêt. Si cela avait été aux États-Unis, j'aurais pris les États-Unis, ou le Guatemala. Je ne regarde pas la nationalité de la banque à qui je fais un emprunt"

La députée du Pas-de-Calais, donnée deuxième au premier dans nos sondages, a par ailleurs assuré que cette banque "n'était pas une banque d'État", sans quoi elle n'aurait pas fait faillite. "Il s'agissait d'un prêt à 6%, le moins qu’on puisse dire c'est que ce n'est pas un taux d’intérêt d'amis", a-t-elle ajouté. Avant d'insister à nouveau : "Il devient pénible maintenant de m’attaquer sur un prêt que j’ai pu faire et que je rembourse d’ailleurs régulièrement, sans difficulté. Je ne me sens aucune reconnaissance particulière à l’égard de la banque qui m’a fait un prêt. Ma seule obligation à son égard, c’est de la rembourser".

La candidate est aussi revenue sur le prêt d'une banque hongroise perçu pour sa campagne 2022, à hauteur de 10,7 millions, assurant là aussi qu'il n'y a aucun lien entre ces emprunts et sa ligne politique, même si elle a reconnu "partager la même vision de l'Europe des nations" que le premier ministre hongrois Viktor Orban. 

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Au sujet du front ukrainien par ailleurs, la candidate est revenue sur les massacres découverts à Boutcha, dans la province de Kiev, des actes imputés aux forces russes par Emmanuel Macron. "Si Emmanuel Macron a des renseignements fiables qui indiquent que ce sont les Russes qui sont responsables de ces massacres épouvantables alors il faut en tirer les conséquences sur le plan diplomatique, avec notamment peut-être le rappel de notre ambassadeur", a-t-elle ajouté. Avant de nuancer : "Mais la responsabilité nous oblige à essayer de trouver une issue à ce conflit. La France se doit de continuer à œuvrer pour trouver une solution diplomatique".


Maëlane Loaëc

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