Élection présidentielle 2022

Massacre de Boutcha : les candidats à la présidentielle unanimes face à un "crime de guerre"

Vincent Michelon
Publié le 4 avril 2022 à 12h06, mis à jour le 4 avril 2022 à 12h16
JT Perso

Source : L'Invité Politique

Le massacre perpétré à Boutcha, en Ukraine, suscite les condamnations de l'ensemble des candidats à l'élection présidentielle.
Tous appellent à des poursuites contre les auteurs, visant les responsables russes.

Rarement un sujet aura suscité autant le consensus ces dernières semaines au sein de la classe politique française, et en particulier chez les candidats à l'élection présidentielle. Les informations relatives au massacre perpétré à Boutcha, à proximité de Kiev, en Ukraine, jette l'effroi sur la campagne, à six jours du premier tour. 

Qu'ils aient ou non soutenu par le passé un rapprochement avec Vladimir Poutine, les candidats ont tous dénoncé, en ce début de semaine, ces meurtres, malgré  les réserves exprimées par l'extrême droite sur l'hypothèse de traduire le dirigeant russe devant la justice internationale. 

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Cesser l'importation du "gaz de la honte"

À gauche, les candidats ont à nouveau demandé l'instauration d'un embargo sur les importations russes. "Le massacre insoutenable de civils à Boutcha par l'armée de Poutine est un crime de guerre", a réagi la candidate socialiste Anne Hidalgo. "L'action de l'Europe et de la France doit être renforcée : cesser de payer le gaz de la honte et augmenter la livraison d'armes de défense au peuple ukrainien."

"Nous ne sommes pas démunis face à ces atrocités", a également insisté Yannick Jadot sur France 2. "Il n’y a qu’un moyen, arrêter les importations de gaz et de pétrole. Tous les jours, l’Europe donne 800 millions de dollars à Poutine pour financer sa guerre. Il faut cet embargo. C’est un criminel de guerre. Lui et son oligarchie auront à répondre de leurs crimes devant la CPI."

"Les images de Boutcha sont insoutenables", a jugé Nathalie Arthaud sur son compte Twitter. "La terreur et l’horreur à l’état brut. Ces crimes creusent un fossé de sang entre deux peuples frères pour des années", a ajouté la candidate LO, condamnant "tous les nationalismes, toutes les guerres impérialistes, en Ukraine, au Mali ou au Proche-Orient". 

"Les crimes de l'armée russe contre les Ukrainiens de Boutcha sont une pure sauvagerie meurtrière. Les responsables russes doivent en répondre. Ni oubli ni pardon", a également dénoncé le candidat LFI Jean-Luc Mélenchon. 

"La justice internationale doit passer"

Au-delà de la question des sanctions, les candidats s'en remettent également, pour partie, à la justice internationale pour juger de possibles crimes de guerre commis par la Russie en Ukraine. 

"Extrêmement choqué" par "les scènes insoutenables" à Boutcha, Emmanuel Macron a condamné ces actes "avec la plus grande fermeté", lundi matin sur France Inter. Pour le président-candidat, "il y a des indices aujourd'hui très clairs de crimes de guerre" et "il est à peu près établi que c'est l'armée russe". "La justice internationale doit passer. Celles et ceux qui ont été à l'origine de ces crimes devront en répondre" car "il n'y aura pas de paix sans justice", a-t-il conclu.

Sur LCI, lundi matin, le candidat communiste Fabien Roussel a repris à son compte les termes de "dictateur" et de "boucher" pour qualifier le président russe "face à ces horreurs". "Le plus important, c'est que ces faits soient réellement établis par la Cour pénale internationale. Trouver les auteurs et les condamner jusqu'à la chaîne de commandement. S'ils se déplacent dans d'autres pays, ils pourront être arrêtés", a défendu le candidat. Ce dernier appelle aussi à aller plus loin face aux oligarques, pointant les responsabilités de certains pays de l'UE. "Ils peuvent planquer leurs avoirs dans des banques en toute opacité. On parle de crimes de guerre et ils peuvent se déplacer en Europe. Moi, président de la République, je demanderai la transparence des votes au sein de l'UE sur les sanctions."

Valérie Pécresse, qui a fait observer une minute de silence lors de son meeting, dimanche, a qualifié les images "d'insoutenables et de sinistre mémoire". "Il faudra", a-t-elle estimé, "que les autorités russes rendent des comptes de ces crimes abominables. La CPI a été saisie, elle devra les juger. Aujourd'hui, la priorité, c'est le retour à la paix. Mais il faudra que la justice passe, et il faudra l'accélérer".

Pour Zemmour, "on n'arrivera pas" à faire condamner Poutine

À l'extrême droite, l'indignation est partagée, mais les réponses à apporter, notamment sur la justice internationale, ne font pas consensus. "Les révélations sur les atrocités commises à Boutcha imposent que l'ONU établisse des responsabilités", a ainsi réagi Marine Le Pen, estimant que la Russie "ne devrait pas réintégrer le concert des nations sans que soient punis les coupables de crimes de guerre établis par la communauté internationale". La candidate RN rejette toutefois à nouveau le principe d'un embargo sur l'énergie, "car la conséquence serait une augmentation spectaculaire des prix de l'énergie" en France. 

Quant à Éric Zemmour, il a pointé sur France Info un fait "odieux, criminel, infâme", estimant que Vladimir Poutine "salit l'image même de son pays". Le candidat de Reconquête émet cependant des doutes sur d'éventuelles poursuites internationales contre le dirigeant russe. "Qui va aller le chercher ? Il faut être raisonnable, il faut être sérieux. C'est un pays nucléaire, vous croyez que c'est un pays du tiers monde qu'on va aller prendre et traîner devant la cour pénale ?", a lancé Éric Zemmour. "Si c'est avéré, ce qu'on voit, et que ce sont les troupes russes qui l'ont fait, évidemment que c'est un crime de guerre, mais on ne va pas comme ça dire 'il faut le mettre devant la Cour pénale internationale' et le condamner, on n'y arrivera pas."


Vincent Michelon

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