C'est la première mesure prise par l'exécutif depuis les heurts survenus à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, le week-end dernier.
Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé, mardi 28 mars, engager la dissolution du mouvement "Soulèvements de la terre".

Il l'accuse d'être "à l'origine des actions violentes" à Sainte-Soline. Trois jours après les affrontements entre les opposants aux retenues d'eau et les forces de l'ordre, aux abords de la méga-bassine des Deux-Sèvres, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé, mardi 28 mars, avoir engagé la dissolution du collectif écologiste "Soulèvements de la terre".

Intervenant lors des questions au gouvernement (QAG) à l'Assemblée nationale, il a dénoncé des événements "inqualifiables" et des "violences inacceptables contre les biens et surtout contre les personnes". Ayant "une pensée pour ceux qui luttent pour la vie et pour les blessés", l'ancien maire de Tourcoing s'est ému de "l'extrême violence de certains groupuscules", citant le mouvement "Soulèvements de la terre", à l'origine de la manifestation à Sainte-Soline. "J'ai donc décidé d'engager (sa) dissolution", a-t-il indiqué, ajoutant qu'à l'issue de la procédure un décret sera présenté en Conseil des ministres. 

"Une organisation inspirée des 'Black blocs'"

"Créé début 2021 par des membres de l'ultra-gauche issus de l'ex-ZAD de Notre-Dame-des-Landes, le groupement de fait 'Soulèvements de la terre (SLT)' incite et participe à la commission de sabotages et dégradations matérielles", pointent les services du ministère de l'Intérieur, dans une note transmise à la presse, après l'intervention de Gérald Darmanin. 

"Pour ce faire, il a structuré sa stratégie autour de différents axes : (...) SLT a développé une doctrine qui vise à présenter les opérations de sabotage qu'elle initie ou conduit comme un moyen de défense de l'environnement" ; "SLT désigne auprès de ses militants des cibles présentées comme des symboles à combattre, ce qui se traduit par des destructions matérielles et un harcèlement téléphonique" ; "SLT a élaboré une organisation inspirée des codes des 'Black blocs' afin de mener à bien ses actions violentes tout en préservant l'anonymat de ses membres et des sympathisants qui y participent et ainsi empêcher toute identification par les forces de l'ordre", peut-on lire, parmi les raisons avancées pour justifier cette demande.

"Ce faisant, SLT joue un rôle majeur dans la conception, la diffusion et l'acceptation de modes opératoires violents, favorisant et valorisant ainsi le processus de radicalisation d'une partie de la mouvance écologiste et d'ultra-gauche, et doit, pour ce motif, être regardé comme provoquant des agissements violents contre les personnes et les biens", poursuivent les services de la place Beauvau. "Cette provocation est suivie d'effets, les actions de sabotages et des violences à l'encontre des forces de l'ordre démontrant l'impact du discours porté par SLT auprès de ses membres."

"Lors de ces différentes actions, de nombreux membres de SLT ont été interpellés et certains condamnés", conclut le ministère. "La poursuite des actions est assumée et fait craindre de nouvelles actions violentes."


Y.R. avec AFP

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