Après avoir été la cible d'un incendie criminel, le maire de Saint-Brevin-les-Pins a annoncé sa démission le 10 mai.
Il était visé par des manifestations d'extrême-droite suite au projet d'un centre d'accueil de demandeurs d'asile.
La Première ministre s'est dite "très choquée" et va proposer de le recevoir la semaine prochaine.

C'est une décision lourde de sens, prise en concertation avec ses proches. Mercredi 10 mai, le maire de la commune de Saint-Brevin-les-Pins, en Loire-Atlantique, a annoncé avoir remis la veille sa démission à la préfecture de Loire-Atlantique. Un choix acté "pour des raisons personnelles, notamment suite à l'incendie criminel perpétré à (son) domicile et au manque de soutien de l'État, et après une longue réflexion menée avec (sa) famille", selon un communiqué publié sur Facebook et confirmant une information d'Ouest-France. 

L'extrême-droite contre l'accueil de migrants

Le 22 mars dernier à 5h du matin, le domicile de Yannick Morez a été visé par un incendie criminel, alors que lui et sa famille y dormait. Deux véhicules ont été endommagés, ainsi qu'une partie du bâtiment, sans faire de blessés. Si une enquête du parquet est en cours, les auteurs n'ont pas encore été identifiés. Suite à cette attaque, le maire de cette ville depuis 6 ans avait alors envoyé un courrier au porte-parole du gouvernement pour justement dénoncer le "manque de soutien de l'État et le silence de la préfecture". 

C'est que cet incendie pourrait être lié à la forte opposition locale, organisée par l'extrême-droite, au projet de déplacer près d'une école élémentaire le Centre d'accueil de demandeurs d'asile (Cada). Le maire est depuis la cible d'insultes et de menaces virulentes de la part de l'extrême-droite, sans que l'État, qui porte le projet, ne soit intervenu. Interrogé par l’AFP à la fin mars, Yannick Morez avait rappelé que 400 demandeurs d’asile ont été accueillis depuis l’ouverture du centre en 2016, après le démantèlement de la "jungle de Calais". "Il n’y a jamais eu le moindre souci", insistait-il alors. 

La décision de quitter son siège d'édile s'accompagne également d'un départ définitif de Saint-Brevin-les-Pins, où Yannick Morez officiait comme médecin généraliste depuis 32 ans. "J'ai toute confiance en mon équipe, une équipe compétente, unie, qui met toute sa force, toute son honnêteté, toute son envie à honorer ses engagements, et qui continuera à agir au service de notre ville et de ses habitants", a souligné le maire dans son communiqué. Il appartient désormais à la préfecture d'accepter cette démission. Mercredi à l'Assemblée nationale, les députés se sont levés en hommage à l'édile, à l'exception du groupe RN, selon l'élu PS Iñaki Echaniz.

Macron et Borne apportent leur soutien au maire

Dans un tweet ce jeudi, le président de la République a apporté son soutien au maire de Saint-Brevin-les-Pins. "Les attaques contre Yannick Morez, maire de Saint-Brévin-les-Pins, et contre sa famille, sont indignes. À cet élu de la République, à son épouse et ses enfants, je redis ma solidarité et celle de la Nation", écrit-il.

Élisabeth Borne a, elle, jugé "très choquant" l'incendie qui a provoqué la démission de Yannick Morez, et a promis de "mieux protéger" les élus. "Ce qui s'est produit est très choquant et je voudrais assurer le maire de tout mon soutien", a déclaré la Première ministre depuis Salazie, près de Saint-Denis de la Réunion, où elle a entamé une visite de trois jours. Alors que l'édile a critiqué le "manque de soutien de l'État" dans cette affaire, Élisabeth Borne a aussi dit sa volonté de "mieux protéger les 

maires", de "renforcer notre action pour intervenir plus tôt, pour pouvoir soutenir les maires pour repérer leurs difficultés et mieux les accompagner". La Première ministre va proposer au maire de le recevoir "dans le courant de la semaine prochaine".


C.Q

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