Migrants : Gérald Darmanin réclame de l'argent au Royaume-Uni, la presse anglaise y voit une manœuvre électoraliste

La rédaction de LCI
Publié le 10 octobre 2021 à 13h05
Migrants : Gérald Darmanin réclame de l'argent au Royaume-Uni, la presse anglaise y voit une manœuvre électoraliste

Source : FRANCOIS LO PRESTI / AFP

DIPLOMATIE - Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a réclamé samedi un traité sur la question migratoire entre l'UE et le Royaume-Uni, à qui il a fermement réclamé l'argent promis pour lutter contre le trafic sur les côtes françaises. Non sans s'attirer de réactions de l'autre côté de la Manche.

"Le gouvernement (britannique) n’a pas payé pour l’instant ce qu’il nous a promis". Depuis Loon-Plage (Nord) où il s'est rendu samedi, Gérald Darmanin a tiré à boulets rouges en direction du Royaume-Uni, à qui il a fermement réclamé l'argent promis pour lutter contre le trafic sur les côtes françaises. Une manœuvre électoraliste pour la presse anglaise, mais néanmoins nécessaire, selon Londres.

"Il faut que nous négociions un traité --puisque M. (Michel) Barnier ne l'a pas fait lorsqu'il a négocié le Brexit-- qui nous lie sur les questions migratoires", a tout d'abord lancé Gérald Darmanin, qui s'est rendu sur ces plages depuis lesquelles des migrants tentent chaque jour de traverser la Manche pour rallier l'Angleterre. Un sujet sensible entre les deux pays : les traversées clandestines de migrants provoquent régulièrement de frictions entre Londres et Paris, qui se sont récemment cristallisées sur la question financière.

"La France n'est pas le vassal du Royaume-Uni"

"Le gouvernement (britannique) n’a pas payé pour l’instant ce qu’il nous a promis", a ainsi affirmé samedi Gérald Darmanin. "Nous appelons les Anglais à tenir leur promesse de financement puisque nous tenons la frontière pour eux", a-t-il poursuivi. Le Royaume-Uni s'est engagé fin juillet à payer à la France 62,7 millions d'euros en 2021-2022 pour financer le renforcement des forces de l'ordre françaises sur les côtes. Problème : selon la presse britannique, la ministre britannique de l'Intérieur Priti Patel avait menacé début septembre de ne pas verser cette somme, face aux arrivées record de migrants traversant illégalement la Manche.

"Les 63 millions évoqués par le gouvernement britannique, pour l'instant nous n’en avons pas vu la couleur financière. Pourtant, des gendarmes ont été embauchés en plus, des moyens technologiques ont été achetés pour garder cette frontière", a expliqué Gérald Darmanin. Il a affirmé que la France était "un allié de la Grande-Bretagne" mais "pas son vassal". Et de marquer le coup : "Nous sommes là pour tenir une frontière, c’est vrai. Mais nous sommes pour le faire en complémentarité" avec Londres.

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"Les élections approchent à grand pas"

Pour la presse britannique, cette sortie du ministre français ne doit rien au hasard. Pour Sky News, c'est l'approche de la présidentielle qui dicte au gouvernement français cette attitude : "Gérald Darmanin, comme Emmanuel Macron, se concentrent avec acuité sur la façon dont leurs décisions sont perçues par l'électorat français. Les élections approchent à grands pas et il veut interpeller les électeurs du nord de la France, dont le vote peut être volatiles. Peu de gens ici veulent qu'on leur dise que leurs policiers sont sous-performants ou qu'ils devraient prendre des leçons des Britanniques."

Du côté du ministère de l'Intérieur britannique, on reconnait que le soutien à la France est une nécessité. "Avec des centaines de personnes risquant toujours leur vie et faisant la traversée, toutes les parties doivent faire plus", a précisé au Daily Mail un porte-parole, ajoutant que la coopération avec Paris "a conduit à près de 300 arrestations, 65 condamnations et empêché plus de 13 500 traversées".

Le secrétaire aux Affaires, Kwasi Kwarteng, a lui insisté sur le fait que le Royaume-Uni travaillait "très efficacement" avec la France pour lutter contre les passages de migrants. "Tout ce que je peux dire, c'est que nous avons travaillé très efficacement avec le gouvernement français jusqu'à présent", a-t-il déclaré sur Sky News.


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