Éric Dupond-Moretti renvoyé en procès

Éric Dupond-Moretti mis en examen : l'opposition divisée sur une éventuelle démission du ministre

La rédaction de LCI
Publié le 16 juillet 2021 à 17h46
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Source : TF1 Info

POUR OU CONTRE - La gauche réclame l'exemplarité et la démission du garde des Sceaux mis en examen ce vendredi 16 juillet, quand la droite met en avant la présomption d'innocence pour justifier son maintien au gouvernement.

Eric Dupond-Moretti doit-il démissionner ? L'opposition au gouvernement n'est pas unanime ce vendredi, alors que le garde des Sceaux a été mis en examen dans la journée dans l'enquête sur de possibles conflits d'intérêts avec ses anciennes activités d'avocat. Si la gauche clame l'exemplarité, la droite se montre moins tranchée et met en avant la présomption d'innocence.

Ce matin, avant même que le ministre de la Justice ne soit mis en examen, le premier secrétaire du PS Olivier Faure avait raillé sur franceinfo le discours "variable" de "Docteur Manu et Mister Macron" sur des sujets tels que la démission de ministres mis en examen. Il a rappelé qu'Emmanuel Macron avait, "quand il était candidat à l'élection présidentielle", prôné cette doctrine : quand un ministre est mis en examen, il doit démissionner. "Si on veut que les Françaises et les Français s'intéressent à nouveau à la vie politique, si on veut que la défiance ne l'emporte pas, il faut tenir ses engagements", a-t-il assuré.

À l'issue de la décision de la Cour de justice de la République de mettre le garde des Sceaux en examen, le secrétaire national d'EELV Julien Bayou a pointé du doigt la "révolution démocratique Macron : première fois qu'un ministre de la Justice doit faire face à une mise en examen. Il ne peut tout simplement pas rester au gouvernement", a-t-il ajouté. La candidate à la primaire écologiste Sandrine Rousseau a, elle, tweeté : "La France … a donc un ministre de la Justice mis en examen, un ministre de l’Intérieur sous le coup d’une plainte pour viol. Ma vision de l’honneur de la France d'Emmanuel Macron est différente, elle repose sur l’éthique et la probité." La France insoumise est sur la même position. 

La mise en examen ne lève pas la présomption d'innocence.

Gérard Larcher

À droite, quelques-uns se sont prononcés pour la démission d'Eric Dupond-Moretti. À l'instar de l'eurodéputé François-Xavier Bellamy, qui pense que "ce serait très compliqué qu’il reste en fonction parce qu’un ministre de la Justice qui est mis en examen se trouverait dans une position extrêmement inconfortable, fragile". Mais la plupart de ses camarades, comme Eric Ciotti, ont préféré pointer du doigt "une profonde dérive dans l’équilibre de nos institutions et pose un réel problème démocratique".

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Interrogé jeudi 15 juillet, le président du Sénat Gérard Larcher a indiqué qu'il ne souhaitait pas la démission du garde des Sceaux, car sa présomption d'innocence devait être respectée. "Je rappelle que la mise en examen ne lève pas la présomption d'innocence", a-t-il expliqué sur RTL. "C'est au président de la République de décider [s'il doit démissionner, ndlr] et à lui seul", a-t-il jugé, alors qu'Emmanuel Macron et Jean Castex ont déjà eu l'occasion d'assurer Eric Dupond-Moretti de leur soutien. 

A l'extrême-droite aussi, on tient à rappeler le principe de présomption d'innocence. Le maire de Béziers Robert Ménard a estimé que "même [si Eric Dupond-Moretti] doit évidemment bénéficier de la présomption d'innocence, ça ne va pas redorer l'image catastrophique de la classe politique". Le député Gilbert Collard a tweeté : "Malgré mon inimitié et le sentiment qu’il nuit à la Justice, il n’en est pas moins présumé innocent comme n’importe quel justiciable devrait l'être". En revanche, Nicolas Dupont-Aignan avait estimé que le ministre devrait démissionner en cas de mise en examen. 


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