Une semaine après le début des violences urbaines, Emmanuel Macron annonce un projet de "loi d'urgence".
Ce texte doit permettre d'accélérer la reconstruction des bâtiments endommagés afin "d'écraser tous les délais".

Un "texte d'exception" face aux violences. Emmanuel Macron a annoncé ce mardi un projet de "loi d'urgence" pour accélérer la reconstruction, après les destructions qui ont visé des bâtiments, du mobilier urbain et des moyens de transports depuis une semaine. "Nous avons un problème de délais. Nous allons présenter une loi d'urgence pour écraser tous les délais, avoir une procédure accélérée pour reconstruire beaucoup plus vite", a déclaré le chef de l'État, selon un participant à cette réunion de maires à l'Élysée.

Le président de la République a aussi promis un accompagnement des collectivités "pour très vite pouvoir réparer" le matériel de vidéosurveillance cassé, ainsi que des aides financières aux villes pour les réparations concernant "la voirie, les établissements communaux, les écoles". "Nous allons être extrêmement fermes et clairs avec les assureurs, commune par commune", a-t-il encore affirmé.

Une circulaire adoptée mercredi

Avant cette "loi d'exception", pour l'heure, c'est une simple circulaire qui a été annoncée par le gouvernement mercredi. Le texte a été pris dans la nuit par Elisabeth Borne et présenté à l'issue du Conseil des ministres. 

Cette circulaire "va être diffusée aujourd'hui aux préfets et aux services de l'État", a indiqué l'entourage de la Première ministre à TF1/LCI. "Son objet est d’accélérer les procédures pour faciliter les opérations de réparation ou de reconstruction suite aux dégradations intervenues dans certaines zones urbaines."

Le texte réglementaire doit ainsi "faciliter le retour au fonctionnement normal des services publics et des activités économiques, dans les meilleurs délais", et "accompagner le maire dans la mise en œuvre de ses prérogatives".

La circulaire précède la "loi d'urgence" annoncée mardi par le chef d'État, qui devra "lever certains verrous législatifs" et qui est "à l’étude dans les meilleurs délais", a complété Matignon. 

Le plan Borloo ? Emmanuel Macron "maladroit"

Après avoir longuement écouté un grand nombre des quelque 250 maires présents, Emmanuel Macron a estimé mardi qu'il n'y avait pas "une unanimité dans la salle" sur les solutions à apporter après la mort de Nahel, 17 ans, tué par un policier lors d'un contrôle routier, qui a été suivie de plusieurs nuits de violences et pillages. Souvent mis en cause pour avoir enterré, en 2018, le plan de l'ex-ministre Jean-Louis Borloo pour les banlieues, le président a reconnu avoir été "maladroit", tout en affirmant avoir pris néanmoins de nombreuses mesures en faveur de la politique de la ville.

Emmanuel Macron a également esquissé plusieurs chantiers, promettant de "travailler" pendant l'été "pour déboucher sur des solutions très concrètes". "Nous ne devons pas laisser la pâte retomber", a-t-il lancé, évoquant un "point d'étape" avec les maires à "la fin de l'été". Parmi ces chantiers, il a évoqué le fait de "mieux accompagner, mieux responsabiliser et parfois mieux sanctionner" les parents d'enfants auteurs de violences.

Il a aussi plaidé pour un changement de méthode dans la construction des politiques publiques, et pour davantage de "décentralisation" et de "simplification" pour clarifier les responsabilités des divers échelons territoriaux. Même nécessité de "clarifier les compétences" sur le logement : selon l'édile socialiste de Fleury-les-Aubrais (Centre-Val-de-Loire), Carole Canette, Emmanuel Macron a proposé de "remettre les maires au cœur des décisions d'attribution des logements sociaux de leurs villes".


I.N avec AFP

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