De nouvelles violences urbaines ont éclaté, pour la troisième nuit consécutive, en réaction à la mort de Nahel, tué par un policier mardi.
Invité de LCI, le porte-parole du Rassemblement national, Sébastien Chenu, a "réclamé" l'instauration de l'état d'urgence.
"Les violences sont telles qu'il faut immédiatement agir", a-t-il estimé.

Magasins pillés, mairies ou écoles dégradées, bus incendiés... De nombreuses villes de région parisienne et de province se réveillent, vendredi 30 juin, avec les stigmates d'une nouvelle nuit de violences urbaines, la troisième d'affilée depuis la mort de Nahel, tué lors d'un contrôle de police, mardi 27 juin, à Nanterre. Pour éviter un nouvel embrasement, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, avait mobilisé, jeudi 29 juin, 40.000 policiers et gendarmes, "quatre fois plus" que les effectifs déployés la nuit précédente, et fait appel à des unités d'intervention d'élite comme le Raid ou le GIGN.

"Force est de constater que l'État n'a pas repris le contrôle, l'autorité de l'État, l'autorité républicaine n'a pas été rétablie. Au contraire, la nuit d'hier soir a été bien pire que celle d'avant-hier", a fustigé le porte-parole du RN, Sébastien Chenu, invité de Marie Chantrait sur LCI. "Nous devons, le ministre de l'Intérieur doit ramener l'autorité, doit ramener le calme. C'est l'appel au calme que nous lançons avec le Rassemblement national depuis le début, mais l'appel surtout à la mobilisation de tous les moyens de sécurité dont notre pays dispose, y compris l'utilisation, comme le font un certain nombre de maires, de couvre-feux."

Il faut une très grande fermeté
Sébastien Chenu, porte-parole du Rassemblement national

"Bien sûr que nous demandons l'instauration de couvre-feux, de l'état d'urgence et la mobilisation de tous les moyens de l'État. Nous réclamons (l'état d'urgence) parce qu'aujourd'hui les violences sont telles, ont pris une telle ampleur, qu'il faut immédiatement agir", a affirmé le député RN du Nord, qui occupe la fonction de vice-président de l'Assemblée nationale. "Maintenant qu'on est devant la falaise et que la situation est celle que nous connaissons, il faut une très grande fermeté." "On ne peut pas accepter un pays dans lequel toutes les villes de province sont mises à sac chaque nuit", a-t-il tonné.

Si cette option n'est pas envisagée par l'exécutif, le président des Républicains, Éric Ciotti, et celui de Reconquête, Éric Zemmour, ont demandé, dès jeudi, la mise en place "sans délai" de ce régime d'exception. "Seule la fermeté pourra ramener l'ordre et la paix", a assuré l'ex-journaliste. Appliqué seulement à six reprises, la dernière fois en 2015, l'état d'urgence renforce les pouvoirs des autorités civiles et permet de restreindre des libertés publiques ou individuelles en facilitant certaines mesures, comme les assignations à résidence, l'interdiction de manifester ou les perquisitions administratives.


Y.R.

Sur le
même thème

Tout
TF1 Info