Mort de Robert Badinter : comment est décidée une entrée au Panthéon ?

Publié le 14 février 2024 à 19h36

Source : TF1 Info

Lors de l'hommage national rendu à Robert Badinter, Emmanuel Macron a annoncé sa prochaine entrée au Panthéon.
L'entourage du président a effectivement précisé que la famille avait donné son accord.
Retour sur la manière dont est décidée la panthéonisation d'une personnalité.

"Aux grands hommes, la patrie reconnaissante", est-il inscrit au fronton du Panthéon. Depuis 1791, sont déposées dans ce mausolée les dépouilles de personnalités qui ont marqué l'histoire de France. Alors qu'Emmanuel Macron a annoncé la prochaine panthéonisation de Robert Badinter, "l'avocat pour toujours de cette cause, l'abolition", selon ses mots, retour sur la manière dont on décide qui entre au Panthéon ou non.

Le président, seul décisionnaire

Cet hommage rendu par la France à certaines personnalités a été instauré en 1791, sous la première République. Alors que l'édifice vient d'être achevé, l'Assemblée constituante décide par décret que le lieu servira de nécropole aux grands hommes et aux grandes femmes de France. C'est également elle qui décide quelle personnalité pourra y être inhumé, avant que la Convention prenne le relai, en 1794.

Par la suite, Napoléon Ier s'est arrogé ce droit sous l'Empire, avant que les députés récupèrent cette prérogative à partir de 1885, sous la IIIe république. Depuis la Ve République, la panthéonisation est décidée par le seul président de la République, bien que la Constitution ne précise rien de cette attribution. Officiellement, la décision n'a ainsi pas besoin d'être validée par qui que ce soit. Un décret signé par le chef de l'État et publié au Journal officiel est simplement publié pour que la décision soit prise. 

Dans les faits néanmoins, le chef de l'État doit avoir l'autorisation de la famille, si la personnalité n'a pas émis elle-même de souhait à ce propos de son vivant. Ce fut le cas par exemple du général de Gaulle qui avait fait savoir avant sa mort qu'il ne voulait reposer qu'à Colombey-les-deux-Églises. De même, les héritiers d'Albert Camus ont refusé la panthéonisation de l'écrivain et philosophe que Nicolas Sarkozy a proposée en 2009, alors qu'il était président.

Par ailleurs, la forme que peut prendre la panthéonisation est décidée avec les proches et la famille. Elle peut ainsi se faire sous la forme d'une simple plaque au nom du défunt, d'un cénotaphe, c'est-à-dire un monument funéraire qui ne contient pas de corps, ou une inhumation.


Aurélie LOEK

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