FRONDE - Un nombre record de députés LaREM ont voté contre, ou se sont abstenus, à l'occasion du vote solennel du projet de loi controversé permettant la réintroduction temporaire des néonicotinoïdes, adopté ce mardi par l'Assemblée nationale.

La contestation jusque dans les rangs de la majorité : alors que l'Assemblée nationale a donné ce mardi son feu vert à la réintroduction temporaire des néonicotinoïdes afin de sauver la filière betterave, 32 députés LaREM ont voté contre et 36 se sont abstenus. Seuls 175 des 271 membres du groupe macroniste ont voté en faveur du texte. 

Parmi les réfractaires, et pas des moindres, le député de l'Isère Jean-Charles Colas-Roy, référent à la transition écologique des députés LaREM. Il a voté contre ce projet et s'en est expliqué sur FranceInfo.  "Ce n'est pas la bonne solution que de revenir sur la loi biodiversité, qui était une avancée environnementale majeure. Je pense qu'il y avait d'autres solutions", a-t-il indiqué.

Des groupes parlementaires partagés

Au total, l'Assemblée a validé le projet par 313 voix pour, 158 contre et 56 abstentions. L'ensemble de la gauche a voté contre, une majorité des LR et MoDem pour, mais la plupart des groupes se sont partagés. Dénoncé comme "un renoncement" ou une faute par la gauche et les écologistes, le retour des néonicotinoïdes est la seule "alternative", selon le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie qui fait de la survie de la filière betteraves un enjeu de "souveraineté" agroalimentaire.

Le député LaREM de la Creuse Jean-Baptiste Moreau a estimé de son côté que le projet était "réponse pragmatique à la situation catastrophique dans laquelle se trouve la filière de la betterave française", confrontée à une "impasse technique monumentale". "Si nous ne faisons rien, la filière est menacée de disparaître car faute de solution, (les betteraviers) planteront autre chose que de la betterave", a complété le député, agriculteur de profession.

A front renversé, la députée Ecologie Démocratie et Solidarité (EDS) Delphine Batho a fustigé un "vote qui tourne le dos à des années de travail, à des années de combat avec les apiculteurs (...) qui se sont mobilisés pour interdire les néonicotinoïdes" et un "impact monstrueux de ces poisons". "Il y a des votes qui échappent à la logique partisane car ils participent à des choix éthiques", avait fait valoir l'ex-ministre de l’Environnement à l'occasion de son explication de vote.

Les réactions à ce vote ont été aussitôt nombreuses : la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) "salue l’initiative du gouvernement qui s’engage avec courage et ambition pour pérenniser la filière betterave sucre gravement menacée", dans un communiqué. Une "décision responsable", également applaudie par le producteur de sucre Cristal Union.

Greenpeace a, elle, fustigé une "régression écologique majeure".


La rédaction de TF1info

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