L'info passée au crible

La mairie de Rouen a-t-elle retiré une statue de Napoléon, comme l'affirme Éric Ciotti ?

Felicia Sideris
Publié le 1 novembre 2021 à 12h06
Le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti est candidat à la primaire à droite.

Le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti est candidat à la primaire à droite.

Source : DOMINIQUE FAGET / AFP

HISTOIRE - Contrairement à ce qu'assure Éric Ciotti, la statue de Napoléon qui se trouve à Rouen n'a pas été retirée par la municipalité de gauche. Actuellement en restauration, elle est par contre au cœur d'une consultation citoyenne pour décider de son emplacement.

Il veut se présenter comme le "candidat d'un peuple qui refuse de disparaître, d'être effacé". Mais apparaît surtout comme un internaute qui se laisse duper. Ce dimanche 31 octobre, Éric Ciotti s'est indigné de la disparition à Rouen de "la statue de Napoléon".  Accusant "la mairie de gauche" de "wokisme", le député Les Républicains des Alpes-Maritimes a regretté par ce geste "la déconstruction de notre identité en action". Qu'en est-il réellement ? 

200.000 euros de restauration

Cette statue de bronze de cinq mètres de haut a bel et bien quitté son socle historique de la place du Général-de-Gaulle, face à l'Hôtel de ville, où elle est installée depuis 1865. Mais simplement pour être envoyée en Île-de-France. Comme on peut le lire dans un communiqué sur la question, la Ville de Rouen consacre même "200.000 euros d'argent public" dans la restauration de cette œuvre de Vital Gabriel Dubray. 

Rien à voir avec une "déconstruction", contrairement à ce que laisse penser Éric Ciotti. Une erreur que le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, n'a pas tardé à souligner. Sur les réseaux sociaux, l'élu socialiste a accusé le député de droite d'être "le candidat du mensonge" et de dire "n'importe quoi".

Ce n'est pas la première fois que cette statue créée la polémique. Car s'il n'a "jamais été question de se séparer de la statue de Napoléon", comme le rappelle le maire Nicolas Mayer-Rossignol, celle-ci pourrait bien "être placée ailleurs à Rouen". Car les autorités voient dans cette restauration, l'opportunité "de donner aux femmes une place bien plus importante sur la place de l'Hôtel de Ville, symbole par excellence de la démocratie et de la République au niveau local". Il ne s'agit donc pas de "cacher" l'œuvre monumentale, mais de "s'interroger sur son implantation future", pour reprendre les termes de la ville de Rouen. 

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Pour ce faire, les élus ont souhaité "ouvrir le débat". Avec une grande concertation citoyenne baptisée "Et si on statuait ?", qui a débuté ce 22 octobre, la ville compte demander aux Rouennais d'imaginer la "place du Général de Gaulle idéale" et la localisation de la statue. Si le fin mot de l'histoire ne sera pas connu avant fin décembre, il y a fort à parier que la sculpture monumentale ne sera pas "installée dans les Alpes-Maritimes", n'en déplaise à Éric Ciotti.

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