Macron II : les premiers jours du gouvernement Borne

Nouveau gouvernement : la nomination de Pap Ndiaye à l'Éducation nationale polarise les réactions

M.G
Publié le 20 mai 2022 à 22h59, mis à jour le 20 mai 2022 à 23h04
JT Perso

Source : Le CLUB

Le nom des nouveaux ministres a été dévoilé vendredi par l'exécutif, après de longs jours de délibération.
La nomination de Pap Ndiaye en remplacement de Jean-Michel Blanquer a été particulièrement commentée.
Critiquée à droite, elle est en revanche saluée à gauche.

Une annonce qui fait déjà couler beaucoup d'encre. Pas conservé au sein du nouveau gouvernement, Jean-Michel Blanquer a passé vendredi le flambeau de l'Éducation nationale à Pap Ndiaye. Normalien, il est reconnu pour sa carrière académique brillante. Nommé à la tête du Musée national français de l'histoire de l'immigration, au Palais de la Porte Dorée à Paris début 2021, l'historien va désormais poser ses valises Rue de Grenelle. 

"Pap Ndiaye est là, car il partage, avec Jean-Michel Blanquer, l'objectif d'offrir à nos enfants l'excellence et l'égalité des chances. Il incarne cela", a souligné vendredi Élisabeth Borne sur le plateau du 20H de TF1. "C'est un républicain très engagé, qui croit aux valeurs de la République."

Levée de bouclier à l'extrême droite

 Cette nomination est, toutefois, très mal passée du côté de l'extrême droite. "Emmanuel Macron avait dit qu’il fallait déconstruire l’Histoire de France. Pap Ndiaye va s’en charger", tance Eric Zemmour (Reconquête). 

Même son de cloche du côté de Marine Le Pen qui déplore la nomination d'un "indigéniste assumé". Il s'agit de "dernière pierre de la déconstruction de notre pays, de ses valeurs et de son avenir", critique la cheffe de file du Rassemblement National. "Pap Ndiaye est un militant racialiste et anti-flics", ajoute Jordan Bardella, le président de son parti. 

"Un grand intellectuel"

À gauche, les réactions sont un peu plus mesurées à l'encontre de celui qui a été fait chevalier de la Légion d'honneur en janvier dernier. "Il est potentiellement une rupture avec monsieur Blanquer", espère Eric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis, au micro de LCI. Malgré tout, le parlementaire attend de voir les actes avant de trancher définitivement. 

"Pour moi, il n'était pas du tout là-dedans. Ce qui est sûr, c'est qu'il fallait "déblanquériser" l'Éducation nationale", abonde son collègue, Alexis Corbière. Mais "ce coup médiatique, le seul de ce gouvernement terne, ne désamorcera pas la profonde colère" dans le secteur, prévient-il. "Je salue la nomination de Pap Ndiaye, un grand intellectuel", lâche, de son côté, Jean-Luc Mélenchon qui applaudit "l'audace". 

"Rien ne change, à part Pap Ndiaye", souligne Sandrine Rousseau, perdante de la primaire écologiste en amont de l'élection présidentielle. 

Le parcours de Pap Ndiaye peut nous rendre peut-être optimiste

Didier Georges, secrétaire national du SNPDEN

En dehors de la sphère politique, le Snes-FSU, principal syndicat enseignant du second degré, a estimé que "la nomination de Pap Ndiaye est une rupture avec Jean-Michel Blanquer à plus d’un titre". Mais "l'Éducation nationale ne se gouverne pas uniquement à coup de symboles", met-il en garde. "Les urgences sont réelles, des réponses rapides sont attendues, notamment en matière salariale", ajoute l'organisation. 

"Le parcours de Pap Ndiaye peut nous rendre peut-être optimiste", confirme Didier Georges, secrétaire national du Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale (SNPDEN), au micro de France Info. Selon lui, le principal intéressé - auteur de La Condition noire, essai sur une minorité français - "a fait preuve souvent d'empathie et de compréhension à l'endroit des personnels".

"C’est bien d'aller chercher un pédagogue au moment où il y a un mal-être chez les enseignants", analyse également l'historien Pascal Blanchard, spécialiste de la colonisation. Et le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, de conclure : "C'est un beau symbole." 


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