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Damien Abad accusé de violences sexuelles : le ministre dément "avec la plus grande force"

Crézia Ndongo
Publié le 22 mai 2022 à 14h17, mis à jour le 23 mai 2022 à 0h53
JT Perso

Source : JT 20h WE

Damien Abad a été nommé, vendredi 20 mai, ministre des Solidarités.
Deux femmes l'accusent de viol pour des faits qui remonteraient à 2010 et 2011.
L'ancien patron des députés Les Républicains conteste les faits.

Au lendemain de sa nomination au gouvernement, Damien Abad se trouve dans la tourmente. Le nouveau ministre des Solidarités, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, est visé par des accusations de violences sexuelles qui auraient été commises en 2010 et 2011. 

Deux femmes, dont Mediapart a recueilli les témoignages, l’accusent de viol. Des allégations que l'intéressé a contestées, ce dimanche 22 mai, alors que les faits auraient été signalés en amont de la nomination du ministre. 

Selon le média en ligne, l'Observatoire violences sexistes et sexuelles en politique aurait, d'une part, alerté les partis LaREM (Renaissance) et LR, ainsi que la procureure de la République.  Une information confirmée par le parquet de Paris, qui affirme avoir reçu ce signalement le 20 mai dernier. Il est d'ailleurs "en cours d'analyse". 

Des faits datant de 2010 et 2011, une plainte classée sans suite

Selon les témoignages recueillis par Médiapart, l'une de ces deux femmes, âgée de 41 ans, dénonce des faits qui se seraient déroulés lors d'une soirée à l'automne 2010. L'autre femme, une ancienne militante centriste de 35 ans, mentionne des faits qui auraient été commis début 2011. C'est en 2017 qu'elle a déposé une plainte pour "viol" contre le député. Une enquête classée sans suite après des investigations peu approfondies. 

Le parquet de Paris a également indiqué qu'une première plainte avait été "déposée pour des faits de viol". Cette plainte a été classée "sans suite le 6 avril 2012 du fait de la carence de la plaignante". Cette dernière a ensuite déposé une seconde plainte pour les mêmes faits qui a été classée sans suite le 5 décembre 2017 "faute d'infraction suffisamment caractérisée". 

Je conteste avec la plus grande force ces accusations de violences sexuelles.

Damien Abad, ministre des Solidarités

Au lendemain de la publication de l'article de Médiapart, Damien Abad a publié, dimanche, un communiqué dans lequel il nie ces faits. L'homme politique martèle : "Je conteste avec la plus grande force ces accusations de violences sexuelles. Je conteste avoir exercé quelque forme de contrainte que ce soit sur aucune femme. Je conteste enfin tout abus de pouvoir lié aux fonctions que j’ai occupées."

Ces accusations relatent des actes ou des gestes qui me sont tout simplement impossibles à raison de mon handicap

Damien Abad, ministre des Solidarités

Handicapé en raison d'une maladie congénitale rare, le ministre explique qu'il est "contraint aujourd’hui de préciser que, dans [sa] situation, l’acte sexuel ne peut survenir qu’avec l’assistance et la bienveillance de [sa] partenaire" et qu'il ne lui est "nullement possible d’imposer telle ou telle pratique, tel ou tel geste". 

Damien Abad rappelle également son respect du "consentement et la participation pleine et entière de l’autre" et compte tenu de ces éléments, "rien n’est possible". "Quant aux propos rapportés qui insinuent que j’aurais pu droguer puis transporter, déshabiller et violer une femme inconsciente, ils sont tout simplement inconcevables et abjects", se défend le ministre.

Elisabeth Borne : "Je n'étais pas au courant"

Ce dimanche 22 mai, en déplacement dans le Calvados pour sa campagne des législatives, la Première ministre Élisabeth Borne a déclaré avoir découvert samedi, à la lecture de l'article de Mediapart, les accusations de viols présumés visant Damien Abad.  "Bien évidemment, je n’étais pas au courant. Je vais être très claire : sur tous ces sujets de harcèlement, d’agression sexuelle, il ne peut y avoir aucune impunité et il faut continuer à agir pour que les femmes qui peuvent être victimes d’agression, de harcèlement, puissent libérer leur parole, qu’elles soient bien accueillies pour déposer plainte", a assuré Élisabeth Borne.


Crézia Ndongo

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